lundi 10 décembre 2012

Ligotée et étranglée pendant la récréation

En colère, le père d’une fillette de 6 ans a porté plainte. Depuis la rentrée, son enfant a déjà été agressée trois fois par des élèves plus grands.



Leyna, 6 ans, a conservé des traces de son agression dans la cour de récréation.


Ligotée à un banc, une corde à sauter serrée autour de son cou. C’est ce qu’a subi Leyna, une fillette de 6 ans en CP, dans la cour de récréation de l’école Pasteur de Goussainville (Val-d’Oise).

Le 21 septembre, à l’heure du déjeuner, la petite fille est prise pour cible par d’autres élèves plus grands et « étranglée », selon Pascal François, son père, qui a déposé plainte.
« Une simple brûlure due au frottement de la corde et une contusion au cou, minimise-t-on à la mairie, rapport médical à l’appui. On lui a immédiatement mis une compresse de désinfectant et fait une déclaration d’accident. » La fillette est parvenue seule à se défaire de ses liens avant d’aller se plaindre auprès d’un employé de la mairie responsable des enfants mangeant à la cantine.

Cordes à sauter interdites

Il s’agit de la troisième agression contre l’enfant depuis le début de l’année scolaire. Juste après la rentrée, Leyna a été tabassée par des élèves pendant la récréation. Quelques jours plus tard, un enfant a tenté de l’étrangler. Le père avait signalé ces incidents à la directrice mais avec « l’impression que chacun fuyait ses responsabilités », dit-il. « A chaque fois, on m’a demandé à quel moment cela s’était passé pour déterminer le responsable entre l’école et la mairie », déplore-t-il. A la mairie, comme à l’inspection académique, on estime que le nécessaire a été fait. Un conseil extraordinaire d’école a opté pour des mesures drastiques il y a quelques jours. Cordes à sauter et foulards sont désormais interdits. Tout comme les bonbons et goûters, « pour éviter les risques de bagarre ». Une partie de la cour difficile à surveiller a été condamnée et les récréations ont été décalées pour éviter que petits et plus grands ne se côtoient. Trois adultes assureront leur surveillance. Enfin, les élèves vont participer à une action pédagogique sur les jeux dangereux.

« Ce n’est qu’après mon dépôt de plainte que les choses ont bougé, regrette le père de Leyna. Ils n’ont pris que des mesures d’interdiction qui montrent leur incapacité à surveiller nos enfants. » Il doit rencontrer le responsable du service enfance de la mairie.

Daniel Pestel

Vendredi 12 octobre 2012
Le Parisien
http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/ligotee-et-etranglee-pendant-la-recreation-12-10-2012-2226597.php

lundi 5 novembre 2012

Grenoble: un double meurtre «stupide» et «barbare»

Au surlendemain de la mort de deux jeunes sans histoires tués à coups de couteau à Échirolles, dans la banlieue de Grenoble, la piste d'une dispute qui a dégénéré semble se confirmer.



Dans le parc où ont été tués les deux jeunes.
Crédits photo : Jean-Pierre Clatot / AFP


Une banale dispute de lycéens serait à l'origine de la mort, vendredi, de deux jeunes hommes dans un parc du quartier des Granges, à Échirolles, dans la banlieue de Grenoble. «C'est une histoire tragique et surtout (...) tout à fait stupide», a déclaré samedi le procureur de Grenoble, après avoir relaté le déroulé des faits.

Tout aurait débuté par une première altercation, à la sortie des cours, entre deux adolescents, pour un «mauvais regard». Un peu plus tard dans la soirée, deux groupes d'une quinzaine de personnes, composés notamment des frères des adolescents qui s'étaient disputés, se seraient affrontés dans la rue. L'un des deux lycéens aurait alors dû présenter ses excuses à l'autre, ce qui aurait conduit à une troisième rixe, une «expédition punitive destinée à laver cet affront». Vers 21h00, le grand frère de l'un des lycéens, Kevin, est avec un ami dans un parc d'Échirolles non loin du quartier grenoblois de la Villeneuve, lorsqu'un groupe d'une quinzaine de personnes munies de couteaux, manches de pioche, marteau et batte de base-ball, s'abat sur eux. Victimes de coups de couteau et de pioche, Kevin et Sofiane succomberont à leurs blessures.

«Ils ont été tués gratuitement, sauvagement»


Aurélie Noubissi, la mère de Kevin.
Crédits photo : Jean-Pierre Clatot / AFP


Les deux victimes, des amis d'enfance âgés de 21 ans, étaient inconnues des services de police. «On n'est pas du tout dans le contexte qu'on voit parfois de règlement de comptes, de gangs», a insisté le procureur de Grenoble. Kevin était étudiant en master de management à Aix-en-Provence. «Mon fils, on l'appelle le Pacifiste ou le Réconciliateur. On le sollicite pour apaiser les petits conflits entre jeunes du quartier», a témoigné dimanche sa mère, pédiatre, dans Le Parisien. «Ils ont été tués gratuitement, sauvagement», martèle-t-elle.

De son côté, le maire d'Échirolles, Renzo Sulli, a dénoncé sur France Info la «barbarie» de ce drame. «Arriver à ce stade-là, quel que soit le différend (...), c'est incompréhensible», s'est-il exclamé. Pour demander que Grenoble «soit inscrit dans la liste des zones sensibles et bénéficie de moyens supplémentaires». La mère de Kevin a écrit une lettre au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. «On ne peut pas laisser notre jeunesse se massacrer comme ça», déclare-t-elle dans LeParisien. Samedi, Manuel Valls a fait part de son «intense émotion» face à «ces actes barbares». Le ministre a également annoncé le renforcement «pour les prochains jours» du dispositif policier sur le terrain.

Concernant l'enquête, aucune interpellation n'a pour l'heure eu lieu. Selon des voisins, les assaillants seraient des jeunes habitants d'un autre secteur du quartier, situé à Grenoble et séparé d'Échirolles par un centre commercial. Une personne, considérée comme un témoin privilégié, a été entendue samedi par les enquêteurs, avant d'être relâchée. «Les langues vont se délier. Nous allons entendre des témoins, ce qui devrait nous permettre d'en savoir plus sur ce qui s'est passé», a assuré un responsable de la police.

Une marche blanche en hommage aux deux victimes aura lieu mardi soir.


Dimanche 30 septembre 2012
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/09/30/01016-20120930ARTFIG00043-grenoble-un-double-meurtre-stupide-et-barbare.php

lundi 22 octobre 2012

L'ONU dénonce les mariages d'enfants


Deux amies de classe de 8 ans et leur maris en 2010 à Hajjah, au Yemen
Crédits photo : Stephanie Sinclair/VII/Stephanie Sinclair/VII


Dans les pays en développement, notamment en Asie, ce fléau touche une fille sur trois.

Dans les pays en développement, une fille sur trois est mariée avant d'avoir fêté ses 18 ans. Selon les experts, la cause serait le plus souvent culturelle, pour renforcer les liens entre des familles, ou liée à la pauvreté, lorsque les parents reçoivent de l'argent en mariant leur fille, même très jeune. Si 158 pays dans le monde ont fixé à 18 ans l'âge légal minimum du mariage sans consentement parental, 146 autorisent le mariage avant cet âge avec «l'accord» des parents.

À l'exception de la Chine, le constat vise tous les pays en développement, quelle qu'y soit la religion dominante. La moitié des unions forcées se déroule en Asie et plus d'un tiers dans les pays d'Afrique subsaharienne. Cette pratique concerne également certaines communautés en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Europe de l'Est. Au Nigeria, 75 % des filles sont contraintes de se marier avant l'âge légal. Le rapport dévoilé jeudi par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) souligne que, malgré les efforts accomplis sur le terrain, les mariages précoces risquent d'augmenter de 14 % au cours des vingt prochaines années, passant de 14,2 millions en 2010 à 15,1 millions en 2030. Le phénomène pourrait toucher 130 millions de filles d'ici à cette date.

Le Dr Babatunde Osotimehin, directeur exécutif de l'UNFPA, souligne que «le mariage d'enfants constitue une violation effroyable des droits fondamentaux, il vole aux filles leur éducation, leur santé et toute perspective à long terme». Le rapport qu'il a dirigé, «Mariées trop tôt: en finir avec les mariages d'enfants», remarque que les filles issues de milieux pauvres, ruraux et peu éduqués sont deux fois plus concernées que celles qui grandissent dans un environnement urbain et éduqué. Pour le Dr Osotimehin, il faut fortement privilégier l'accès à l'éducation ainsi qu'aux techniques de prévention et de contraception qui permettent aux filles de gagner en autonomie. «Les filles mariées trop jeunes n'ont aucune perspective à long terme. Elles quittent l'école trop tôt, sans qualification. Et sur le plan de la santé, elles encourent de graves risques de complications lors de la grossesse et de l'accouchement, ce sont d'ailleurs les principales causes de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans.» La situation s'aggrave encore en cas de crise humanitaire.
Coutumes hors d'âge

Le témoignage de Salamatou Aghali Issoufa est accablant. Cette jeune Nigérienne a réussi, en 2005, à convaincre ses parents de retarder la date du mariage. «Dès que j'ai atteint 14 ans, ma famille a fait pression sur moi pour que j'épouse un homme beaucoup plus âgé que moi. Moi, je voulais rester à l'école, je savais que ce mariage signifiait renoncer à mes rêves.» Son rêve, elle l'a réalisé, elle est aujourd'hui sage-femme, mariée depuis 2008 à un homme qu'elle aime.

L'ONU appelle les gouvernements et les présidents à mettre fin aux mariages d'enfants au plus vite. «Il faut absolument faire évoluer les mentalités et les habitudes culturelles des communautés qui encouragent le mariage des enfants. Les chefs d'État doivent dépasser ces coutumes hors d'âge. Nous devons contraindre familles et communautés à scolariser les filles jusqu'à l'âge de 16 ans. Éduquées, elles sont plus autonomes et à même de prendre en charge leur famille», précise le Dr Osotimehin.

Edith Bouvier

Vendredi 12 octobre 2012
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/2012/10/12/01003-20121012ARTFIG00592-l-onu-denonce-les-mariages-d-enfants.php

lundi 10 septembre 2012

Le voleur à l’extincteur a voulu faire taire sa victime

Pour ce premier jour de procès, Cherif Goussi, 27 ans, a reconnu les coups mortels portés à Sylviane Brochet dans un parking souterrain du 6 e et une partie du viol.


Ce meurtre, particulièrement effrayant, s’est produit au premier sous-sol rue Bossuet à Lyon 6.
Photo archives Stéphane Guiochon


Cela aurait dû être si facile de voler une voiture dans ce parking souterrain. Un jeu d’enfant pour Cherif Goussi. Profiter discrètement de la sortie d’un résidant, repérer les belles pièces et puis s’enfuir, les poches pleines, si possible derrière un volant. Mais le 18 septembre 2010, une femme s’est mise en travers de son chemin. Pour son malheur, Sylviane Brochet venait d’acquérir un coupé-cabriolet. Après une nuit de beuverie et de fumette avec deux copains, Chérif Goussi, endetté jusqu’au cou, a flashé sur une Audi A4 puis sur la Peugeot de Sylviane Brochet. La quinquagénaire, veuve et mère de deux grands enfants est surprise de voir cet inconnu au premier sous-sol de son immeuble. Elle lui parle, face à face, sans crainte et lui annonce qu’elle va prévenir le gardien.

Petit et malingre dans sa chemise noire, le Lyonnais de 27 ans, raconte alors, du bout des lèvres, dans un murmure à peine audible, ce terrifiant déchaînement de coups qui va pleuvoir sur la « dame ». Premier affrontement dans le sas : « Je lui ai agrippé le bras et elle est tombée ; sa tête a tapé le sol. Elle m’a fixé du regard, je voulais ses clés de voiture ». Une femme qui le regarde dans les yeux, Goussi n’en a pas l’habitude, entre une mère épuisée par son travail et débordée par sa progéniture et une petite sœur admirative devant son « grand frère ». Sylviane le regarde, ne veut pas se taire alors Goussi frappe de plus belle avec ses poings puis lui cogne la tête sur le sol. Il la transporte ensuite dans un box voisin, le n° 86, pensant être tranquille. Deuxième épisode : « Je l’ai entendu appeler au secours. Là, j’ai vu l’extincteur et j’ai donné des coups sur le crâne, je n’ai pas arrêté tant que je l’entendais ». Ces cris, il ne les supporte pas. Puis vient le silence. Il veut repartir dans le coupé. Là-bas, un gémissement, encore. Retour dans le box n°86 pour la phase finale. Terrible. L’extincteur s’abat encore et encore. Et soudain, Goussi méprise cette femme en qui il voit son père qui a abusé de lui enfant. Il reproduit ces mêmes gestes qui l’ont souillé. Un viol « digital » mais en aucun cas, un rapport sexuel, maintient-il. « C’est votre sperme que l’on a trouvé sur la victime », assène l’avocate générale. Non, Goussi fait barrage à cette accusation qui le « choque ». Et la strangulation ? L’effet conjugué de l’alcool et du haschich ? Goussi ne veut pas se souvenir. Il s’essuie les yeux, regrette. Le gentil garçon, serviable mais désobéissant, le gamin trop oisif, dépeint avec émotion par sa mère, sa sœur et sa petite amie, ce matin-là, a basculé dans l’horreur. Sans que personne ne comprenne. Suite des débats aujourd’hui à 9 heures au palais de justice à Saint-Jean et verdict mercredi soir.

Annie Demontfaucon

Vendredi 19 juin 2012
Le Progrès
http://www.leprogres.fr/rhone/2012/06/19/le-voleur-a-l-extincteur-a-voulu-faire-taire-sa-victime

dimanche 24 juin 2012

Solution : éduquer aux "mécanismes humains" et l'autorité immédiate

Sur Lefigaro.fr :

"Le collégien de Rennes a succombé à ses blessures

Le jeune garçon de 13 ans a été victime vendredi de coups portés par un élève de 3e dans la cour de récréation d'un collège tranquille de Rennes. D'après le procureur, les causes de l'altercation «semblent futiles»."


Il y a des collèges où un seul coup de poing n'est pas toléré. Et où, dès lors, il n'y a pas le moindre coup de poing.
Il y a des écoles où on minimise les violences quotidiennes. Pas "trop graves". C'est la porte ouverte au crime.

Vous noterez que le meurtrier avait 16 ans et était encore au collège. Ce jeune homme en difficulté était à aider mais aussi à surveiller. Car en échec, il lui restait à faire le caïd.

Sur Lefigaro.fr :

"Violence à l'école : «Il faut en parler pour la désamorcer»

INTERVIEW - Lutter contre les violences à l'école et apprendre à «vivre ensemble», c'est l'objet de l'opération «Je, tu, il, elle... NOUS apprenons à vivre ensemble», mise en place dans l'ensemble des écoles parisiennes. Noëlla Germain, qui mène l'opération depuis deux ans, revient sur cette nécessité de faire de la violence un outil pédagogique pour mieux la prévenir."


Je vais dans le sens de l'interviewée.
Cependant, ce n'est pas tant la discussion qui doit être recherchée que l'éducation de l'enfant aux mécanismes humains (de genèse de la violence dans le cas présent).

Vous noterez le commentaire-témoignage de l'article d'AC2 (reproduit plus bas). Il bat en brèche la niaiserie laxiste.
Il se met en opposition avec ce que dit l'interviewée dès la première phrase de son commentaire. Il ne l'est pas tant. En effet, madame parle d'une attitude préalable éducative alors que lui aborde dans son 1er § la réponse à la violence en cours. Celui qui est violent est justement celui qui a laissé tomber la discussion. Celui qui pense que ça va se calmer est dans l'espérance, lâche, et non dans l'analyse éclairée des faits et des conséquences possibles.
Au début de son 2° paragraphe, AC2 revient sur l'éducation en négligeant la valeur de l'éducation.

Mais en fin, il rappelle que celle-ci passe par la discipline. Il témoigne que les professeurs qui ne considèrent pas les turbulents comme des petites frappes sont bien naïfs.

A C 2 :

"Mon dieu que cest stupide. Issu d'une famille violente, baignant dans des quartiers violents vous pensez vraiment que ca sera utile ? La violence est nécessaire pour s'opposer à la violence, il faut plutot faire comprendre que la violence est un outil que l'on dirige uniquement contre ceux qui le méritent. Ce genre de clichés bidons sur la violence, le genre de discours créé de la brebis facile à égorger, des jeunes mous, et des grosses dondons qui sont bien contents quand un mec comme moi colle un pain dans la tete du mec qui allait les passer à tabac ou autre.

PArler de la violence mene a quoi ? La vie est violente, on né dans la violence, on meurt dans la violence, on vit dans la violence... elle sera physique, morale, elle est partout. Se faire virer c'est violent, recevoir des huissiers chez soi c'est violent. La violence c'est quand une intrusion vient perturber votre sphère de tranquillité, quand la peur d'un avenir incertain s'instigue dans vos veines c'est vaste le sujet de la violence. Et la violence à l'école ? Et bien s'en est une parmi d'autres, hélas. Si déja les classes au collège n'étaient pas mixtes, seulement l'établissement, les violences à l'école baisseraient beaucoup, travaillé par les hormones le jeune male cherche a s'imposer. Les groupes, les castes etc etc... après dans tous les cas il y en aura toujours, c'est le role du prof de montrer que le dominant c'est lui et de casser les groupes de petites hyenes."

lundi 16 avril 2012

Arabie: 25 femmes condamnées à mort

Vingt-cinq employées de maison indonésiennes attendent actuellement leur exécution en Arabie saoudite et 22 autres ont été graciées et expulsées, selon les médias saoudiens, qui précisent qu'une délégation indonésienne va arriver en Arabie pour discuter de cette question.

Jakarta va envoyer 14 membres d'une commission présidentielle demain pour des discussions avec les responsables saoudiens et "intensifier les efforts de coopération avec l'ambassade pour sauver ces employées de maison", affirme le journal, citant le porte-parole de l'ambassade d'Indonésie à Ryad, Hendrar Pramutyo. L'Indonésie a en outre demandé au gouvernement l'autorisation de visiter les prisons du royaume où 1700 Indonésiens sont incarcérés.

Relations tendues

Les relations se sont tendues entre les deux pays après une série de violences et de meurtres visant des travailleurs indonésiens en Arabie.

En juin, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono avait accusé Ryad d'avoir violé les "règles internationales", pour avoir décapité une domestique sans avoir averti au préalable Jakarta. Ruyati binti Sapubi, 54 ans, avait été décapitée au sabre le 18 juin, après avoir été reconnue coupable d'avoir tué sa patronne qui, selon elle, l'insultait et refusait qu'elle quitte le pays. Son exécution avait suscité une profonde émotion en Indonésie.

Selon les organisations de défense des droits de l'Homme, des millions d'employés de maison, asiatiques pour la plupart, sont régulièrement victimes de violence physique et d'exploitation dans les monarchies du Golfe en raison de l'absence ou de l'insuffisance de législation du travail.

AFP

Vendredi 6 avril 2012
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/04/06/97001-20120406FILWWW00468-arabie-25-femmes-condamnees-a-mort.php

lundi 9 avril 2012

RIP Amina



La sœur d'Amina tient un portrait d'Amina au cours d'une manifestation


Il y a quelques jours, Amina Filali, jeune fille de 16 ans violée, battue et obligée d'épouser son violeur, s'est donné la mort -- le seul moyen à ses yeux d'échapper au piège que lui ont tendu son violeur et la loi. Si nous agissons maintenant, nous pouvons empêcher cette tragédie indicible d'arriver à une autre jeune fille.

L'article 475 du code pénal marocain permet aux violeurs d'échapper à des poursuites et d'éviter une longue peine de prison en épousant leur victime si elle est mineure. Depuis 2006, le gouvernement promet d'annuler cet article de loi et d'adopter une législation interdisant les violences faites aux femmes, mais cela n'a pas eu lieu.

Des centaines de Marocains manifestent dans la rue pour réclamer une véritable réforme et font monter la pression sur le Premier ministre et sur d'autres ministres qui rédigent et soumettent des projets de loi, tandis que ces évènements sont relatés par les médias du monde entier. Si nous intensifions la pression, nous pourrons obtenir des avancées concrètes. Signez la pétition pour une loi globale visant à stopper les violences faites aux femmes et qui prévoit l'abrogation de l'article 475. Lorsque nous aurons atteint 500 000 signatures, nous nous concerterons avec des associations féministes locales pour remettre notre appel aux décideurs.

Mercredi 21 Mars 2012
Avaaz
http://www.avaaz.org/fr/forced_to_marry_her_rapist_fr/?fftuVcb&pv=54

lundi 19 mars 2012

De jeunes Blancs à l'école de la haine

Plus de vingt ans après la fin de l'apartheid, des Sud-Africains rêvent toujours d'une nation blanche. Un journaliste a pénétré dans un camp d'entraînement qui endoctrine des adolescents afrikaners pour les préparer à la guerre contre les Noirs.

Il est plus de minuit quand les jeunes garçons soulèvent leurs sacs pleins à craquer de tenues militaires. "Il y a de vieilles tâches de sang sur mon uniforme," constate l'un d'entre eux en ôtant ses baskets pour enfiler des rangers.
Brutalement, des ordres fusent, et aussitôt, l'intimidation commence, impitoyable. En grognant, les jeunes dressent des piquets de tente de quatre mètres de long au milieu des bouses de vache qui jonchent la prairie. L'énorme tente militaire leur servira de foyer pendant les neuf prochains jours. Du haut de ses 13 ans, Jano est le benjamin du camp. Il déroule son sac de couchage sur le sol accidenté. Il est là parce qu'il veut prouver à son père qu'il est un homme, un vrai, pas une mauviette, avoue-t-il avec un sourire timide. A 18 ans, Riaan est déjà un peu plus sûr de lui. Sa peau pâle porte encore des marques d'acné. "Je veux apprendre à me camoufler dans le veld [La 'steppe' d'Afrique du Sud]." Lui aussi a l'air surexcité à l'idée de camper en plein air et de jouer au soldat, comme s'il vivait une aventure tirée d'un roman pour adolescent.

Mais ils ne tardent pas à comprendre que ce camp de survie est très différent des autres. Ils courent de leur tente jusqu'au mess. Devant eux, sous la lueur aveuglante des néons, se tient Franz Jooste, âgé de 57 ans. D'anciennes décorations de l'armée scintillent sur son uniforme qui date de l'apartheid. Ceux des garçons aussi remontent à cette époque. "On va faire de vous tous des hommes," leur lance-t-il en afrikaans.

Jooste est le chef du Kommandokorps, un obscur petit groupe d'extrême droite qui pratique l'incitation à la haine et capitalise sur le sentiment qu'ont certains jeunes Afrikaners de ne pas avoir de place dans la nouvelle Afrique du Sud.

Sur son site, le Kommandokorps se présente comme une organisation d'élite "qui défend les siens" en cas d'attaque, ce qui serait nécessaire "parce que la police et l'armée ne peuvent nous apporter une aide assez rapide". L'an dernier, elle a signé un saamstaanverdrag (un pacte d'union) avec l'Afrikaner Weerstandsbeweging (AWB) et les Suidlanders - minuscule organisation blanche qui se prépare à l'apocalypse raciale - afin de coordonner leur stratégie en matière de sécurité.

Le Kommandokorps affirme avoir entraîné au combat plus de 1 500 jongmanne (jeunes hommes) afrikaners au cours des onze dernières années. Jooste, qui diffuse son message par courriels et dans des lettres d'information, déclare que 40 % des jeunes sont venus d'eux-mêmes. Les autres sont inscrits par leurs parents. Les adolescents du camp sont nourris d'histoires horribles sur la criminalité et s'estiment responsables de la protection de leurs familles. "On verrouille toujours les portes la nuit, explique Nicolas, 18 ans. Ici, je vais apprendre comment défendre mon père, ma mère, mon petit frère et ma petite sœur."

A 4 h 30 du matin, le premier jour, on les envoie courir sur deux kilomètres avec leurs lourdes chaussures de marche, le long d'une route de campagne rocailleuse et crevassée d'ornières. L'organisation veut leur enseigner la discipline par l'effort. Ainsi commence la guerre d'usure. Des organismes épuisés constituent un terreau fertile pour l'endoctrinement.

EC a 16 ans, et il se trouve au milieu du peloton haletant. Par la taille, c'est un des plus petits, un adolescent fluet enthousiaste à l'idée de pouvoir tirer avec son pistolet de paintball. "Je veux pouvoir me défendre. Et je fais ça aussi pour ma carrière au paintball [tir sportif]," dit-il dans un sourire. Sa mère vit seule, et elle l'a envoyé au camp parce qu'elle pense qu'être entouré d'hommes lui fera du bien.

Quand ils ont repris leur souffle, nous évoquons leur pays. S'ils disent croire en la nation arc-en-ciel, très vite, les premières contradictions se font jour. "En général, les gens s'entendent plutôt bien, reconnaît Riaan. Il faut lutter contre le racisme." EC a deux amis noirs, Thabang et Tshepo. "Je n'aime pas le racisme." "Je ne sais pas ce que c'est que l'apartheid, commente Jano. Mais il y a longtemps, Nelson Mandela a fait que tous les gens aient les mêmes droits." Puis EC ajoute qu'il n'épousera jamais une Noire, et Jano admet qu'il a peur quand il croise des Noirs.

Le groupe est convoqué dans un petit champ qui jouxte le mess. Ils s'alignent en formation tandis qu'un des chefs du camp déploie l'ancien drapeau sud-africain. Ils gonflent leurs poumons et entonnent l'hymne national de l'apartheid [en afrikaans]. Quelques-uns ont du mal avec les paroles. Pendant ce temps, Jooste est assis au mess. Les murs sont ornés de tableaux kitsch représentants des buffles, des éléphants et des rhinocéros, et le mobilier en osier est couvert de fausses peaux de zèbres. Les lunettes sur le nez, il étudie le programme du camp, rédigé dans un style militaire, où chaque minute semble correspondre à une activité. Il y a des séances d'autodéfense, de communication radio et sur l'art de patrouiller, ainsi que des conférences sur le patriotisme et l'histoire des guerres frontalières.

Jooste est un ancien combattant, et fier de l'être. Il s'est battu dans les guerres menées par l'Afrique du Sud aux frontières du Zimbabwe, du Mozambique et de l'Angola. Il assure porter les cicatrices de ce qu'il appelle la trahison. Alors qu'il combattait pour le régime blanc, les dirigeants de ce dernier concluaient la paix avec Nelson Mandela. Après son passage dans l'armée, il a été actif au sein de l'AWB. Avant sa conférence la plus importante, Die vyand en bedreiging (L'ennemi et la menace), Jooste se vante de pouvoir faire changer d'avis les jeunes en une heure à peine. "Alors, ils sauront qu'ils ne font pas partie de la nation arc-en-ciel, mais d'une autre nation qui a une histoire importante."

Ses élèves sont assis en tailleur sur le sol du mess. Quand il parle, les adolescents l'écoutent en silence. "A l'exception des aborigènes d'Australie, le noir africain est le membre le plus sous-développé et le plus barbare de l'espèce humaine sur terre," proclame-t-il. Il affirme aux jeunes que les noirs ont un cortex cérébral plus petit que les blancs et qu'ils ne peuvent donc pas prendre d'initiative ni gouverner efficacement.

"Qui est mon ennemi en Afrique du Sud ? Qui assassine, vole et viole ?" "Qui sont ces créatures ? demande-t-il. Les Noirs." Il prend le drapeau de l'Afrique du Sud moderne et l'étale à l'entrée du mess comme un paillasson. Et il ordonne aux garçons d'essuyer leurs rangers sales dessus. Quelques-uns rient, gênés, avant d'obéir. Seul Nicolas reste en arrière. Jooste leur dit encore qu'ils devraient aimer l'ancien drapeau et l'ancien hymne national.

Les groupes de ce genre sont animés par une forme extrême de patriotisme ; dans ce camp, on enseigne aux cadets que le pays ne devrait pas revenir à l'apartheid, et qu'ils devraient plutôt œuvrer pour créer leur propre nation indépendante. L'année dernière, Jooste a été élu à la Volksraad Verkiesing Kommissie (Commission électorale du Conseil du Peuple), association qui lutte pour le nationalisme afrikaner.

Pour Hermann Gilomee, auteur réputé spécialiste des Afrikaners et professeur d'histoire émérite à l'Université de Stellenbosch, l'apartheid est né de deux sources : la peur et un complexe de supériorité. L'un et l'autre sont encore présents chez Jooste. La peur primale est celle de la disparition de l'identité afrikaner - leur culture, leur langue et leurs symboles - en tant que peuple distinct. Jooste tente désespérément de préserver ce sentiment de différence tout en engendrant une nouvelle génération d'Afrikaners à même de répandre ses idées. Il s'est donné pour mission d'endoctriner de jeunes Afrikaners comme Nicolas, Riaan, Jano et EC, qui ont du mal à comprendre quelle est leur place dans le pays.

Nés après la fin de l'apartheid, ils se sentent exclus, explique Eliria Bornman, professeur du département des sciences de la communication de l'Unisa (Université d'Afrique du Sud) qui a effectué des recherches sur l'identité afrikaner. "Ils savent qu'ils sont différents du reste de la population. N'importe quel dirigeant peut se servir de leur frustration et la canaliser de façon négative."

Devant la tente, les cadets sont obligés de ramper comme des commandos, avec une liefie (une poutre de bois) dans les bras, les genoux en sang. "Persévérez ! Vous devez apprendre à persévérer," crie Jooste. Des rangs du fond montent des sanglots. Les assistants de Jooste, des membres plus âgés du Kommandokorps, ricanent et prennent des photos des nouveaux avec leurs portables. EC est à la peine. La poutre pèse presque un tiers de son poids. Et les nuits aussi sont dures pour lui. "On dort par terre, nos sacs de couchage prennent l'humidité. En trois nuits, j'ai dormi six heures. Tous les jours, je me dis que je vais arrêter." Mais sa carrière dans le paintball continue apparemment à le motiver.

La nuit suivante, ils quittent leur tente militaire pour une forêt voisine où ils dressent deux camps. Chacun reçoit une petite boîte de haricots ou de légumes en conserve, qu'ils doivent réchauffer eux-mêmes près du feu avant de la manger. A la première lueur de l'aube, un autre groupe les attaque à coups de paintball. Les yeux encore endormis, ils braquent leurs armes factices et ripostent.

Si leurs jeunes visages sont de plus en plus marqués par l'épuisement au fil des jours, ils affichent aussi de plus en plus d'assurance. "L'entraînement m'a appris qu'il faut haïr les Noirs, décrète EC. Ils tuent tous ceux qu'ils croisent. Je ne crois que je vais pouvoir continuer à être ami avec Thabang et Tshepo." Riaan répète presque mot pour mot ce qu'il a appris durant ces neuf jours. "Il y a une guerre en cours entre les Noirs et les Blancs. Beaucoup de sang va couler à l'avenir. Aujourd'hui, je me sens clairement plus Afrikaner. Je sens le sang afrikaner dans mes veines."

Jooste soutient qu'il est d'abord là pour leur apprendre à se défendre. Il ne tient pas à les orienter dans une direction particulière. "Tout ce que nous voulons, c'est canaliser ce sentiment qu'ils portent déjà en eux. Nous ne voulons pas qu'ils basculent dans la haine."

Pourtant, en neuf jours, ces jeunes qui avaient auparavant une foi naissante dans l'unité sud-africaine se sont transformés en des hommes endurcis aux idées racistes. A la fin de leur séjour, les deux garçons qui s'en sont le mieux tirés sont sélectionnés. Pour eux, la prochaine session, le gevorderde weerbaarheids kursus (cours de préparation avancé), sera gratuite. Et là, plus de paintball, ils auront droit à de vraies armes.



Elles van Gelder

Jeudi 15 mars 2012
Courrier international
http://www.courrierinternational.com/article/2012/03/15/de-jeunes-blancs-a-l-ecole-de-la-haine

lundi 30 janvier 2012

Lyon : roué de coups et écrasé

Un groupe de jeunes a pris à partie, dans la nuit de samedi à dimanche, sans raison, deux couples dans le Vieux-Lyon. Bilan : un homme de 33 ans dans le coma. Quatre suspects ont été interpellés grâce à aux témoignages recueillis sur place.

Le quartier du Vieux-Lyon a été le théâtre d’une sauvage agression dans la nuit de samedi à dimanche. Tabassé, puis écrasé par une voiture, un homme de 33 ans se trouvait hier entre la vie et la mort. Quatre personnes soupçonnées d’être à l’origine de cette agression ont été placées en garde à vue.

L’altercation s’est déroulée à la sortie d’une des nombreuses boîtes de nuit installées le long du quai Romain-Rolland, en bord de Saône. Vers 2 heures du matin, deux couples sortent d’un de ces établissements. Ils sont alors pris à partie, sans véritable raison, par un autre petit groupe. Le ton monte rapidement et l’un des hommes, âgé de 33 ans, se trouve projeté à terre dans la bagarre et roué de coups.

Mais l’affaire n’en reste pas là. Les agresseurs grimpent dans leur voiture et roulent volontairement, devant les témoins horrifiés, sur le corps de l’homme laissé sur la chaussée, le blessant très grièvement à la tête. La victime a été plongée dans un coma artificiel. Son pronostic vital restait hier soir engagé.

Grâce aux témoignages recueillis sur ce quai très fréquenté par les noctambules en fin de semaine et aux coordonnées de la voiture relevées par les passants, la sûreté départementale a pu mettre la main dès hier matin sur un groupe de jeunes résidant à Vénissieux, en banlieue lyonnaise. Il s’agit de deux frères et de deux de leurs connaissances. « Ils ont entre 18 et 20 ans et sont connus des services de police pour des faits de vols par effraction », indique Jean-Marc Rebouillat, patron du service. Avant ces interpellations, plusieurs témoins avaient « reconnu sur photo » le propriétaire du véhicule.

L’implication des suspects dans la bagarre ne fait guère de doute, mais les enquêteurs peinent encore à déterminer le degré de participation de chacun. « Il y a encore des zones d’ombre, reconnaît Jean-Marc Rebouillat. Ils se rejettent tous la balle et on ne sait pas encore avec certitude qui était au volant. » La découverte de leur voiture, qui a mystérieusement disparu depuis dimanche matin, devrait permettre de reconstituer l’effroyable scénario de la nuit et d’identifier grâce aux prélèvements génétiques le chauffeur qui a roulé sur la victime. La garde à vue des quatre jeunes a été prolongée jusqu’à ce soir.

Ce n’est pas la première fois que ce quartier du Vieux-Lyon, qui concentre sur un kilomètre, le long de la Saône, bars et boîtes de nuit, est le théâtre de dramatiques altercations, provoquées le plus souvent par un cocktail d’alcool et de bêtise.

Le 9 janvier 2011, un homme avait été poignardé au petit matin à la sortie d’une boulangerie fréquentée par les fêtards, après une banale dispute dans la file d’attente. Les trois coups de couteau reçus dans le dos lui avaient été fatals. Le 1er janvier 2011, un homme ivre, lui aussi sorti d’un des établissements de nuit, s’était endormi dans le parking situé le long de la Saône. Couché à terre, il avait été écrasé par un automobiliste, lui-même en état d’ébriété, qui tentait une manœuvre avec sa voiture.

A la suite de ces faits divers, la police a renforcé ses patrouilles dans le quartier du Vieux-Lyon. Lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, le préfet du Rhône a également pris un arrêté interdisant la consommation d’alcool dans la rue la nuit du réveillon. L’agression de ce week-end, cependant, s’apparente, selon les premières constatations, à un acte de violence gratuite. Aux conséquences terribles.

Catherine Lagrange

Lundi 30 janvier 2012
Le Parisien
http://www.leparisien.fr/lyon-69000/lyon-roue-de-coups-et-ecrase-30-01-2012-1836663.php

lundi 16 janvier 2012

40 à 42 millions de personnes se prostituent dans le monde

D'après le premier Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle publié cette semaine par la Fondation Scelles, 80% de ces prostitués sont des femmes ou des fillettes. Et les trois-quarts ont entre 13 et 25 ans.

Un panorama de la prostitution dans le monde. Tel est l'objectif du premier Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle (1) publié cette semaine par la Fondation Scelles (2) et auquel Le Figaro a eu accès. Pour la Fondation, qui milite contre la prostitution, les évaluations périodiques de l'ONU montrent «un véritable marché où dominent la violence, la vulnérabilité et la recherche sans limites du profit».

Quelques chiffres viennent d'abord souligner l'ampleur du phénomène. Selon les estimations internationales, entre 40 et 42 millions de personnes se prostituent dans le monde, et 75 % d'entre elles ont entre 13 et 25 ans. Neuf personnes sur dix dépendent d'un proxénète. A près de 80 %, il s'agit de femmes ou de fillettes. En Europe occidentale, 1 à 2 millions de personnes se livrent à la prostitution, en majorité des migrantes, «victimes de la traite des être humains».
Trente réseaux démantelés chaque année en France

Parmi la trentaine de pays étudiés, la France qui se caractérise par une prostitution de plus en plus «essaimée». D'abord présente dans les plus grandes agglomérations, sur les axes de déplacement et dans les zones frontalières, «elle a fait son apparition dans des agglomérations de taille moyenne comme Orléans ou Limoges». Des villes, elle se déplace en périphérie, dans les zones forestières (notamment en Ile-de-France), au bord des routes ou sur les parkings.

Une trentaine de réseaux criminels sont démantelés chaque année en France, selon le rapport, «essentiellement d'origine étrangère et dont les victimes sont originaires d'Afrique centrale, d'Afrique du Nord, des Balkans, d'Amérique du Sud et, de plus en plus, de Chine».
Les JO ou la Coupe de monde de foot accentuent le phénomène

Parmi les thèmes abordés, celui des «événements sportifs» retient l'attention. Ainsi, en 2010, les Jeux olympiques de Vancouver et la Coupe du monde de football en Afrique du Sud ont permis aux réseaux, comme lors de nombre de compétitions internationales, «d'accentuer leurs offres».

Lors du Mondial 2006 en Allemagne, l'installation de «sex-centers» près des stades, autorisée par les autorités, avait provoqué une polémique, rappelle le rapport. En Afrique du Sud, un milliard de préservatifs avaient été commandés pour faire face aux risques sanitaires. Les autorités avaient évalué à 40.000 le nombre de personnes prostituées supplémentaires, pour un effectif habituel de 100.000.

«Football et JO sont identifiés comme les théâtres les plus connus d'exploitation sexuelle. Les compétitions de Formule 1 ne sont pas en reste», est-il encore souligné. Pour les auteurs, «le Comité international olympique, fidèle à ses liens avec les instance internationales, reste mesuré et discret sur le sujet». Il faudra attendre un prochain rapport pour connaître l'impact des JO de 2012 à Londres sur la prostitution.

(1) Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle, éditions Economica, janvier 2012

(2) Reconnue d'utilité publique depuis 1994, la Fondation Scelles est présidée par le magistrat Yves Charpenel

Marie-Amélie Lombard

Vendredi 13 janvier 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/13/01016-20120113ARTFIG00766-40-a-42-millions-de-personnes-se-prostituent-dans-le-monde.php