lundi 6 septembre 2010

Sécurité routière : encore des morts évitables

En France, à la suite de diverses mesures préventives ou répressives, le nombre des accidents mortels sur les routes diminue régulièrement depuis les années 1970 ; mais des morts sont encore évitables.

Selon l’Observatoire national interministériel de sécurité routière, plus de 30 000 personnes ont été tuées sur les routes en France entre 2002 et 2008 (1).
Le nombre annuel de victimes de la route n’a cessé de diminuer depuis 1970 : de plus de 16 000 personnes tuées en 1970 à moins de 4 500 en 2008, grâce notamment aux mesures préventives et répressives mises en place par les pouvoirs publics (2).
En 2008, 96 905 personnes ont été blessées dans 76 767 accidents corporels, soit une baisse de près d’un tiers depuis 2002 (2).
Entre 2000 et 2007, la France est passée du quinzième au onzième rang européen en termes de nombre de personnes tuées par million d’habitants (2).

L’alcool est le premier facteur d’accident mortel.
En 2007, environ 1 000 morts attribuées à l’alcool auraient pu être évitées (3). En 2008, ce nombre a dépassé 1 200 (2).
En 2007, le taux d’alcoolémie des conducteurs était en moyenne de 1,78 g/l lors des accidents mortels, et supérieur à 2 g/l pour plus d’un tiers de ces conducteurs (3).

Autres facteurs : vitesse, défaut de port de la ceinture de sécurité et usage du téléphone.
Selon l’Observatoire, l’installation de radars automatiques et le permis à points, ont modéré le comportement des conducteurs et conduit à une baisse de la vitesse moyenne depuis 2002 (1,2,3). L’Observatoire a estimé que 800 vies auraient pu être sauvées en 2008 si les limitations de vitesse avaient été strictement respectées (2).
Toujours selon l’estimation de l’Observatoire, 400 vies auraient pu être sauvées si le port de la ceinture de sécurité avait été systématique en 2008 (2).
Enfin, la quatrième cause de mortalité sur les routes est de téléphoner au volant, source de distraction (2).

Une attention particulière à porter aux “deux–roues”.
La mortalité des usagers de deux-roues motorisés, notamment chez les 25-44 ans, reste élevée (3). Elle a baissé en 2008, mais avait augmenté en 2007 (2,3).
En 2007, 830 motocyclistes ont été tués sur la route soit 18 % des personnes tuées, alors qu’ils ne représentaient que 1,1 % du trafic (3). La moitié des cyclomoteurs accidentés étaient débridés, ce qui est illégal (4).

Entre effort individuel et actions collectives.
L’objectif annoncé par les pouvoirs publics est d’abaisser à 3 000 le nombre de personnes tuées sur la route en 2012 (4). Mais les chiffres de 2009 marquent un quasi-arrêt des progrès constatés depuis plusieurs années : entre le 1er janvier 2009 et le 1er janvier 2010, 4 241 personnes ont péri sur la route (4).
Les contraintes imposées par les pouvoirs publics en termes de sécurité routière sont parfois critiquées, mais leur effet sur la réduction de la mortalité routière n'est guère discutable. Poursuivre l’effort de sécurité routière est donc préférable (4).
Il reste encore des marges de manœuvre importantes, telles que l'interdiction de tous les moyens permettant aux conducteurs de localiser l’emplacement des radars fixes et mobiles, sans parler de la limitation de la puissance des véhicules à la construction (4).

Prescrire

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Observatoire national interministériel de sécurité
routière “La sécurité routière en France. Bilan de
l’année 2008” Conférence de presse Paris juin 2009 :
26 pages.
2- Observatoire national interministériel de sécurité
routière “La sécurité routière en France. Bilan de
l’année 2008” Paris septembre 2009 : 170 pages.
3- Observatoire national interministériel de sécurité
routière “La sécurité routière en France. Bilan de
l’année 2007” Paris décembre 2008 : 270 pages.
4- Got C “Éditorial février 2010” Site www.securite-
routiere.org consulté le 19 avril 2010 : 8 pages.


Juillet 2010
La revue Prescrire
Tome 30 - N° 321 - Page 548

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