lundi 9 avril 2012

RIP Amina



La sœur d'Amina tient un portrait d'Amina au cours d'une manifestation


Il y a quelques jours, Amina Filali, jeune fille de 16 ans violée, battue et obligée d'épouser son violeur, s'est donné la mort -- le seul moyen à ses yeux d'échapper au piège que lui ont tendu son violeur et la loi. Si nous agissons maintenant, nous pouvons empêcher cette tragédie indicible d'arriver à une autre jeune fille.

L'article 475 du code pénal marocain permet aux violeurs d'échapper à des poursuites et d'éviter une longue peine de prison en épousant leur victime si elle est mineure. Depuis 2006, le gouvernement promet d'annuler cet article de loi et d'adopter une législation interdisant les violences faites aux femmes, mais cela n'a pas eu lieu.

Des centaines de Marocains manifestent dans la rue pour réclamer une véritable réforme et font monter la pression sur le Premier ministre et sur d'autres ministres qui rédigent et soumettent des projets de loi, tandis que ces évènements sont relatés par les médias du monde entier. Si nous intensifions la pression, nous pourrons obtenir des avancées concrètes. Signez la pétition pour une loi globale visant à stopper les violences faites aux femmes et qui prévoit l'abrogation de l'article 475. Lorsque nous aurons atteint 500 000 signatures, nous nous concerterons avec des associations féministes locales pour remettre notre appel aux décideurs.

Mercredi 21 Mars 2012
Avaaz
http://www.avaaz.org/fr/forced_to_marry_her_rapist_fr/?fftuVcb&pv=54

lundi 19 mars 2012

De jeunes Blancs à l'école de la haine

Plus de vingt ans après la fin de l'apartheid, des Sud-Africains rêvent toujours d'une nation blanche. Un journaliste a pénétré dans un camp d'entraînement qui endoctrine des adolescents afrikaners pour les préparer à la guerre contre les Noirs.

Il est plus de minuit quand les jeunes garçons soulèvent leurs sacs pleins à craquer de tenues militaires. "Il y a de vieilles tâches de sang sur mon uniforme," constate l'un d'entre eux en ôtant ses baskets pour enfiler des rangers.
Brutalement, des ordres fusent, et aussitôt, l'intimidation commence, impitoyable. En grognant, les jeunes dressent des piquets de tente de quatre mètres de long au milieu des bouses de vache qui jonchent la prairie. L'énorme tente militaire leur servira de foyer pendant les neuf prochains jours. Du haut de ses 13 ans, Jano est le benjamin du camp. Il déroule son sac de couchage sur le sol accidenté. Il est là parce qu'il veut prouver à son père qu'il est un homme, un vrai, pas une mauviette, avoue-t-il avec un sourire timide. A 18 ans, Riaan est déjà un peu plus sûr de lui. Sa peau pâle porte encore des marques d'acné. "Je veux apprendre à me camoufler dans le veld [La 'steppe' d'Afrique du Sud]." Lui aussi a l'air surexcité à l'idée de camper en plein air et de jouer au soldat, comme s'il vivait une aventure tirée d'un roman pour adolescent.

Mais ils ne tardent pas à comprendre que ce camp de survie est très différent des autres. Ils courent de leur tente jusqu'au mess. Devant eux, sous la lueur aveuglante des néons, se tient Franz Jooste, âgé de 57 ans. D'anciennes décorations de l'armée scintillent sur son uniforme qui date de l'apartheid. Ceux des garçons aussi remontent à cette époque. "On va faire de vous tous des hommes," leur lance-t-il en afrikaans.

Jooste est le chef du Kommandokorps, un obscur petit groupe d'extrême droite qui pratique l'incitation à la haine et capitalise sur le sentiment qu'ont certains jeunes Afrikaners de ne pas avoir de place dans la nouvelle Afrique du Sud.

Sur son site, le Kommandokorps se présente comme une organisation d'élite "qui défend les siens" en cas d'attaque, ce qui serait nécessaire "parce que la police et l'armée ne peuvent nous apporter une aide assez rapide". L'an dernier, elle a signé un saamstaanverdrag (un pacte d'union) avec l'Afrikaner Weerstandsbeweging (AWB) et les Suidlanders - minuscule organisation blanche qui se prépare à l'apocalypse raciale - afin de coordonner leur stratégie en matière de sécurité.

Le Kommandokorps affirme avoir entraîné au combat plus de 1 500 jongmanne (jeunes hommes) afrikaners au cours des onze dernières années. Jooste, qui diffuse son message par courriels et dans des lettres d'information, déclare que 40 % des jeunes sont venus d'eux-mêmes. Les autres sont inscrits par leurs parents. Les adolescents du camp sont nourris d'histoires horribles sur la criminalité et s'estiment responsables de la protection de leurs familles. "On verrouille toujours les portes la nuit, explique Nicolas, 18 ans. Ici, je vais apprendre comment défendre mon père, ma mère, mon petit frère et ma petite sœur."

A 4 h 30 du matin, le premier jour, on les envoie courir sur deux kilomètres avec leurs lourdes chaussures de marche, le long d'une route de campagne rocailleuse et crevassée d'ornières. L'organisation veut leur enseigner la discipline par l'effort. Ainsi commence la guerre d'usure. Des organismes épuisés constituent un terreau fertile pour l'endoctrinement.

EC a 16 ans, et il se trouve au milieu du peloton haletant. Par la taille, c'est un des plus petits, un adolescent fluet enthousiaste à l'idée de pouvoir tirer avec son pistolet de paintball. "Je veux pouvoir me défendre. Et je fais ça aussi pour ma carrière au paintball [tir sportif]," dit-il dans un sourire. Sa mère vit seule, et elle l'a envoyé au camp parce qu'elle pense qu'être entouré d'hommes lui fera du bien.

Quand ils ont repris leur souffle, nous évoquons leur pays. S'ils disent croire en la nation arc-en-ciel, très vite, les premières contradictions se font jour. "En général, les gens s'entendent plutôt bien, reconnaît Riaan. Il faut lutter contre le racisme." EC a deux amis noirs, Thabang et Tshepo. "Je n'aime pas le racisme." "Je ne sais pas ce que c'est que l'apartheid, commente Jano. Mais il y a longtemps, Nelson Mandela a fait que tous les gens aient les mêmes droits." Puis EC ajoute qu'il n'épousera jamais une Noire, et Jano admet qu'il a peur quand il croise des Noirs.

Le groupe est convoqué dans un petit champ qui jouxte le mess. Ils s'alignent en formation tandis qu'un des chefs du camp déploie l'ancien drapeau sud-africain. Ils gonflent leurs poumons et entonnent l'hymne national de l'apartheid [en afrikaans]. Quelques-uns ont du mal avec les paroles. Pendant ce temps, Jooste est assis au mess. Les murs sont ornés de tableaux kitsch représentants des buffles, des éléphants et des rhinocéros, et le mobilier en osier est couvert de fausses peaux de zèbres. Les lunettes sur le nez, il étudie le programme du camp, rédigé dans un style militaire, où chaque minute semble correspondre à une activité. Il y a des séances d'autodéfense, de communication radio et sur l'art de patrouiller, ainsi que des conférences sur le patriotisme et l'histoire des guerres frontalières.

Jooste est un ancien combattant, et fier de l'être. Il s'est battu dans les guerres menées par l'Afrique du Sud aux frontières du Zimbabwe, du Mozambique et de l'Angola. Il assure porter les cicatrices de ce qu'il appelle la trahison. Alors qu'il combattait pour le régime blanc, les dirigeants de ce dernier concluaient la paix avec Nelson Mandela. Après son passage dans l'armée, il a été actif au sein de l'AWB. Avant sa conférence la plus importante, Die vyand en bedreiging (L'ennemi et la menace), Jooste se vante de pouvoir faire changer d'avis les jeunes en une heure à peine. "Alors, ils sauront qu'ils ne font pas partie de la nation arc-en-ciel, mais d'une autre nation qui a une histoire importante."

Ses élèves sont assis en tailleur sur le sol du mess. Quand il parle, les adolescents l'écoutent en silence. "A l'exception des aborigènes d'Australie, le noir africain est le membre le plus sous-développé et le plus barbare de l'espèce humaine sur terre," proclame-t-il. Il affirme aux jeunes que les noirs ont un cortex cérébral plus petit que les blancs et qu'ils ne peuvent donc pas prendre d'initiative ni gouverner efficacement.

"Qui est mon ennemi en Afrique du Sud ? Qui assassine, vole et viole ?" "Qui sont ces créatures ? demande-t-il. Les Noirs." Il prend le drapeau de l'Afrique du Sud moderne et l'étale à l'entrée du mess comme un paillasson. Et il ordonne aux garçons d'essuyer leurs rangers sales dessus. Quelques-uns rient, gênés, avant d'obéir. Seul Nicolas reste en arrière. Jooste leur dit encore qu'ils devraient aimer l'ancien drapeau et l'ancien hymne national.

Les groupes de ce genre sont animés par une forme extrême de patriotisme ; dans ce camp, on enseigne aux cadets que le pays ne devrait pas revenir à l'apartheid, et qu'ils devraient plutôt œuvrer pour créer leur propre nation indépendante. L'année dernière, Jooste a été élu à la Volksraad Verkiesing Kommissie (Commission électorale du Conseil du Peuple), association qui lutte pour le nationalisme afrikaner.

Pour Hermann Gilomee, auteur réputé spécialiste des Afrikaners et professeur d'histoire émérite à l'Université de Stellenbosch, l'apartheid est né de deux sources : la peur et un complexe de supériorité. L'un et l'autre sont encore présents chez Jooste. La peur primale est celle de la disparition de l'identité afrikaner - leur culture, leur langue et leurs symboles - en tant que peuple distinct. Jooste tente désespérément de préserver ce sentiment de différence tout en engendrant une nouvelle génération d'Afrikaners à même de répandre ses idées. Il s'est donné pour mission d'endoctriner de jeunes Afrikaners comme Nicolas, Riaan, Jano et EC, qui ont du mal à comprendre quelle est leur place dans le pays.

Nés après la fin de l'apartheid, ils se sentent exclus, explique Eliria Bornman, professeur du département des sciences de la communication de l'Unisa (Université d'Afrique du Sud) qui a effectué des recherches sur l'identité afrikaner. "Ils savent qu'ils sont différents du reste de la population. N'importe quel dirigeant peut se servir de leur frustration et la canaliser de façon négative."

Devant la tente, les cadets sont obligés de ramper comme des commandos, avec une liefie (une poutre de bois) dans les bras, les genoux en sang. "Persévérez ! Vous devez apprendre à persévérer," crie Jooste. Des rangs du fond montent des sanglots. Les assistants de Jooste, des membres plus âgés du Kommandokorps, ricanent et prennent des photos des nouveaux avec leurs portables. EC est à la peine. La poutre pèse presque un tiers de son poids. Et les nuits aussi sont dures pour lui. "On dort par terre, nos sacs de couchage prennent l'humidité. En trois nuits, j'ai dormi six heures. Tous les jours, je me dis que je vais arrêter." Mais sa carrière dans le paintball continue apparemment à le motiver.

La nuit suivante, ils quittent leur tente militaire pour une forêt voisine où ils dressent deux camps. Chacun reçoit une petite boîte de haricots ou de légumes en conserve, qu'ils doivent réchauffer eux-mêmes près du feu avant de la manger. A la première lueur de l'aube, un autre groupe les attaque à coups de paintball. Les yeux encore endormis, ils braquent leurs armes factices et ripostent.

Si leurs jeunes visages sont de plus en plus marqués par l'épuisement au fil des jours, ils affichent aussi de plus en plus d'assurance. "L'entraînement m'a appris qu'il faut haïr les Noirs, décrète EC. Ils tuent tous ceux qu'ils croisent. Je ne crois que je vais pouvoir continuer à être ami avec Thabang et Tshepo." Riaan répète presque mot pour mot ce qu'il a appris durant ces neuf jours. "Il y a une guerre en cours entre les Noirs et les Blancs. Beaucoup de sang va couler à l'avenir. Aujourd'hui, je me sens clairement plus Afrikaner. Je sens le sang afrikaner dans mes veines."

Jooste soutient qu'il est d'abord là pour leur apprendre à se défendre. Il ne tient pas à les orienter dans une direction particulière. "Tout ce que nous voulons, c'est canaliser ce sentiment qu'ils portent déjà en eux. Nous ne voulons pas qu'ils basculent dans la haine."

Pourtant, en neuf jours, ces jeunes qui avaient auparavant une foi naissante dans l'unité sud-africaine se sont transformés en des hommes endurcis aux idées racistes. A la fin de leur séjour, les deux garçons qui s'en sont le mieux tirés sont sélectionnés. Pour eux, la prochaine session, le gevorderde weerbaarheids kursus (cours de préparation avancé), sera gratuite. Et là, plus de paintball, ils auront droit à de vraies armes.



Elles van Gelder

Jeudi 15 mars 2012
Courrier international
http://www.courrierinternational.com/article/2012/03/15/de-jeunes-blancs-a-l-ecole-de-la-haine

lundi 30 janvier 2012

Lyon : roué de coups et écrasé

Un groupe de jeunes a pris à partie, dans la nuit de samedi à dimanche, sans raison, deux couples dans le Vieux-Lyon. Bilan : un homme de 33 ans dans le coma. Quatre suspects ont été interpellés grâce à aux témoignages recueillis sur place.

Le quartier du Vieux-Lyon a été le théâtre d’une sauvage agression dans la nuit de samedi à dimanche. Tabassé, puis écrasé par une voiture, un homme de 33 ans se trouvait hier entre la vie et la mort. Quatre personnes soupçonnées d’être à l’origine de cette agression ont été placées en garde à vue.

L’altercation s’est déroulée à la sortie d’une des nombreuses boîtes de nuit installées le long du quai Romain-Rolland, en bord de Saône. Vers 2 heures du matin, deux couples sortent d’un de ces établissements. Ils sont alors pris à partie, sans véritable raison, par un autre petit groupe. Le ton monte rapidement et l’un des hommes, âgé de 33 ans, se trouve projeté à terre dans la bagarre et roué de coups.

Mais l’affaire n’en reste pas là. Les agresseurs grimpent dans leur voiture et roulent volontairement, devant les témoins horrifiés, sur le corps de l’homme laissé sur la chaussée, le blessant très grièvement à la tête. La victime a été plongée dans un coma artificiel. Son pronostic vital restait hier soir engagé.

Grâce aux témoignages recueillis sur ce quai très fréquenté par les noctambules en fin de semaine et aux coordonnées de la voiture relevées par les passants, la sûreté départementale a pu mettre la main dès hier matin sur un groupe de jeunes résidant à Vénissieux, en banlieue lyonnaise. Il s’agit de deux frères et de deux de leurs connaissances. « Ils ont entre 18 et 20 ans et sont connus des services de police pour des faits de vols par effraction », indique Jean-Marc Rebouillat, patron du service. Avant ces interpellations, plusieurs témoins avaient « reconnu sur photo » le propriétaire du véhicule.

L’implication des suspects dans la bagarre ne fait guère de doute, mais les enquêteurs peinent encore à déterminer le degré de participation de chacun. « Il y a encore des zones d’ombre, reconnaît Jean-Marc Rebouillat. Ils se rejettent tous la balle et on ne sait pas encore avec certitude qui était au volant. » La découverte de leur voiture, qui a mystérieusement disparu depuis dimanche matin, devrait permettre de reconstituer l’effroyable scénario de la nuit et d’identifier grâce aux prélèvements génétiques le chauffeur qui a roulé sur la victime. La garde à vue des quatre jeunes a été prolongée jusqu’à ce soir.

Ce n’est pas la première fois que ce quartier du Vieux-Lyon, qui concentre sur un kilomètre, le long de la Saône, bars et boîtes de nuit, est le théâtre de dramatiques altercations, provoquées le plus souvent par un cocktail d’alcool et de bêtise.

Le 9 janvier 2011, un homme avait été poignardé au petit matin à la sortie d’une boulangerie fréquentée par les fêtards, après une banale dispute dans la file d’attente. Les trois coups de couteau reçus dans le dos lui avaient été fatals. Le 1er janvier 2011, un homme ivre, lui aussi sorti d’un des établissements de nuit, s’était endormi dans le parking situé le long de la Saône. Couché à terre, il avait été écrasé par un automobiliste, lui-même en état d’ébriété, qui tentait une manœuvre avec sa voiture.

A la suite de ces faits divers, la police a renforcé ses patrouilles dans le quartier du Vieux-Lyon. Lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, le préfet du Rhône a également pris un arrêté interdisant la consommation d’alcool dans la rue la nuit du réveillon. L’agression de ce week-end, cependant, s’apparente, selon les premières constatations, à un acte de violence gratuite. Aux conséquences terribles.

Catherine Lagrange

Lundi 30 janvier 2012
Le Parisien
http://www.leparisien.fr/lyon-69000/lyon-roue-de-coups-et-ecrase-30-01-2012-1836663.php

lundi 16 janvier 2012

40 à 42 millions de personnes se prostituent dans le monde

D'après le premier Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle publié cette semaine par la Fondation Scelles, 80% de ces prostitués sont des femmes ou des fillettes. Et les trois-quarts ont entre 13 et 25 ans.

Un panorama de la prostitution dans le monde. Tel est l'objectif du premier Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle (1) publié cette semaine par la Fondation Scelles (2) et auquel Le Figaro a eu accès. Pour la Fondation, qui milite contre la prostitution, les évaluations périodiques de l'ONU montrent «un véritable marché où dominent la violence, la vulnérabilité et la recherche sans limites du profit».

Quelques chiffres viennent d'abord souligner l'ampleur du phénomène. Selon les estimations internationales, entre 40 et 42 millions de personnes se prostituent dans le monde, et 75 % d'entre elles ont entre 13 et 25 ans. Neuf personnes sur dix dépendent d'un proxénète. A près de 80 %, il s'agit de femmes ou de fillettes. En Europe occidentale, 1 à 2 millions de personnes se livrent à la prostitution, en majorité des migrantes, «victimes de la traite des être humains».
Trente réseaux démantelés chaque année en France

Parmi la trentaine de pays étudiés, la France qui se caractérise par une prostitution de plus en plus «essaimée». D'abord présente dans les plus grandes agglomérations, sur les axes de déplacement et dans les zones frontalières, «elle a fait son apparition dans des agglomérations de taille moyenne comme Orléans ou Limoges». Des villes, elle se déplace en périphérie, dans les zones forestières (notamment en Ile-de-France), au bord des routes ou sur les parkings.

Une trentaine de réseaux criminels sont démantelés chaque année en France, selon le rapport, «essentiellement d'origine étrangère et dont les victimes sont originaires d'Afrique centrale, d'Afrique du Nord, des Balkans, d'Amérique du Sud et, de plus en plus, de Chine».
Les JO ou la Coupe de monde de foot accentuent le phénomène

Parmi les thèmes abordés, celui des «événements sportifs» retient l'attention. Ainsi, en 2010, les Jeux olympiques de Vancouver et la Coupe du monde de football en Afrique du Sud ont permis aux réseaux, comme lors de nombre de compétitions internationales, «d'accentuer leurs offres».

Lors du Mondial 2006 en Allemagne, l'installation de «sex-centers» près des stades, autorisée par les autorités, avait provoqué une polémique, rappelle le rapport. En Afrique du Sud, un milliard de préservatifs avaient été commandés pour faire face aux risques sanitaires. Les autorités avaient évalué à 40.000 le nombre de personnes prostituées supplémentaires, pour un effectif habituel de 100.000.

«Football et JO sont identifiés comme les théâtres les plus connus d'exploitation sexuelle. Les compétitions de Formule 1 ne sont pas en reste», est-il encore souligné. Pour les auteurs, «le Comité international olympique, fidèle à ses liens avec les instance internationales, reste mesuré et discret sur le sujet». Il faudra attendre un prochain rapport pour connaître l'impact des JO de 2012 à Londres sur la prostitution.

(1) Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle, éditions Economica, janvier 2012

(2) Reconnue d'utilité publique depuis 1994, la Fondation Scelles est présidée par le magistrat Yves Charpenel

Marie-Amélie Lombard

Vendredi 13 janvier 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/13/01016-20120113ARTFIG00766-40-a-42-millions-de-personnes-se-prostituent-dans-le-monde.php

lundi 21 novembre 2011

Prison pour avoir jeté son bébé au four

Une femme russe a été condamnée à 16 ans de camp dans la région de Krasnoïarsk (Sibérie) pour avoir brûlé vive dans un four sa fillette de huit mois.

Après une querelle en avril avec son mari en avril, Elena Serycheva, 34 ans, était est restée seule avec ses trois enfants. Le jour du drame, pour calmer la fillette qui pleurait, elle l'a battue, puis jetée dans le four, selon les éléments d'enquête cités par l'agence Ria Novosti. Quand la fillette a cessé de pleurer, la femme est allée se coucher. Elle avait aussi battu ce jour-là son fils de 2 ans, selon des témoins. Le parquet avait requis 18 ans de prison contre elle.

L'expertise psychiatrique a établi que la femme était en pleine possession de ses facultés au moment des faits. Près de 100.000 enfants sont victimes de violences en Russie chaque année, selon un rapport datant de mars du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

AFP

Mardi 8 novembre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/11/08/97001-20111108FILWWW00386-russie-prison-pour-avoir-jete-son-bebe-au-four.php

vendredi 4 novembre 2011

La vidéo d'un juge américain battant sa fille fait scandale

Les images, vues plus de 3 millions de fois, sont effarantes. «Je n'ai rien fait de mal si ce n'est discipliner mon enfant», répond William Adams, juge spécialisé dans les affaires familiales.

Les images sont terribles. Elles font les gros titres de la presse américaine. En 2004, Hillary Adams a filmé son père en train de la battre avec sa ceinture, plus exactement en train de la punir pour avoir passé trop de temps sur internet et téléchargé illégalement de la musique.

Le père de famille passe ainsi de longues minutes à fouetter sa fille, âgée alors de 16 ans, pour la contraindre à se pencher sur son lit. «Bend over that bed, bend over that fucking bed » (Penche toi au-dessus du lit), hurle-t-il à sa fille qui crie de douleur sous les coups de ceinture qui atteignent ses pieds, ses cuisses et ses bras. C'est finalement la mère de famille qui intervient en disant à sa fille de se comporter comme une adulte et d'obéir. La jeune fille finit alors par s'allonger sur le lit, et c'est la mère qui lui inflige la correction.

Depuis 2004, la jeune file, aujourd'hui âgée de 23 ans, a conservé cette vidéo avant de récemment la diffuser sur internet après un nouveau différend avec son père. «C'est définitivement moi, a-t-elle confirmé sur le site communautaire Reddit. Je conservais cette vidéo pour le bon moment, et après avoir été harcelée par mon père au téléphone, j'ai craqué et je l'ai mise sur le net. Maintenant, je regrette de ne pas l'avoir fait avant »:

Attention, des images de la vidéo ci-dessous peuvent choquer



L'affaire a choqué outre-Atlantique. D'autant plus que le père de famille est le juge William Adams, qui exerce dans le comté d'Aransas au Texas. Il est en outre spécialisé dans les affaires familiales. L'homme avait déjà défrayé la chronique à plusieurs reprises pour des décisions de justice très contestées dans des affaires de maltraitance d'enfants.

Ouverture d'une enquête

La vidéo a été vue plus de 3 millions de fois et de nombreuses pages ont été créées sur Facebook contre William Adams (« Don't Re-elect Judge William Adams », «Prosecute Judge Williams Adams », «Punish the judge »). Les autorités américaines ont annoncé l'ouverture d'une enquête mais les faits pourraient être frappés de prescription.

Interrogée sur NBC, la jeune fille a indiqué que ce genre de maltraitance «arrivait régulièrement». Le père, quant à lui, a reconnu les faits. «Dans mon esprit, je n'ai rien fait de mal si ce n'est discipliner mon enfant quand elle a été attrapée en train de voler. J'ai perdu mon sang froid, je me suis excusé… tout cela semble pire que ça ne l'est», a-t-il déclaré à une chaîne de télévision locale.

Fabrice Amedeo

Vendredi 4 novembre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/04/01003-20111104ARTFIG00384-un-juge-americain-filme-en-train-de-battre-sa-fille.php

mercredi 19 octobre 2011

La Chine fait son autocritique après le drame de Yueyue


« Mais qu'arrive-t-il aux gens aujourd'hui ? Où leur conscience est-elle passée ? », s'interroge un des 4,4 millions de Chinois à avoir commenté cette affaire sur Weibo, le Twitter chinois.

Le sort d'une fillette laissée pour morte pousse l'opinion à s'interroger sur la montée de l'individualisme dans le pays.

Une petite fille de 2 ans luttant entre la vie et la mort, et malheureusement plus proche de celle-ci, met toute la Chine en émoi. Accidentée, la pauvre enfant n'a reçu aucun secours. L'histoire suscite sur Internet des réactions en masse. Et la société chinoise se regarde dans un triste miroir.

Le drame s'est passé dans la ville de Foshan, dans la province sudiste du Guangdong. La Yueyue s'échappe de la quincaillerie que tiennent ses parents et court dans la rue. Là, elle est renversée par une camionnette, qui continue sa route. La fillette gît sur la chaussée, dans une mare de sang. Le drame prend une tournure insoutenable. Les bandes vidéo de caméras de surveillance montrent plus d'une douzaine de piétons ou de cyclistes, passant à côté du petit corps sans y prêter attention, sans lui porter secours. Et la pauvre enfant est de nouveau écrasée par un second camion. C'est finalement une humble chiffonnière qui va se pencher sur l'innocente victime et l'amener à ses parents.

Yueyue a été emmenée dans le coma à l'hôpital de la zone militaire de Canton. Un porte-parole de l'établissement s'est montré très pessimiste, la fillette étant d'ores et déjà en état de mort cérébrale. Le père a dit sa colère que personne n'ait secouru son enfant. Animée par un digne désespoir, sa mère s'est contentée de demander «à quoi penseront un jour tous ces passants froids, s'ils se marient et ont un enfant?» La presse de Canton, qui s'est procuré des bandes vidéo (attention les images peuvent choquer), assure avoir compté jusqu'à 18 témoins inactifs, et a pu en retrouver certains.

Tous nient avoir été là ou assurent n'avoir rien vu. L'émotion est d'autant plus grande qu'un scandale a déjà défrayé la cyber-chronique, le mois dernier, quand les passants de Wuhan ont laissé mourir dans l'indifférence un vieil homme de 88 ans. Il était tombé dans la rue sur le nez et n'avait pu se relever. Ignoré pendant une bonne heure, il était mort étouffé dans son propre sang. Cette fois-ci, la tradition confucéenne de respect et d'aide aux aînés est bien malmenée.
«Froideur collective»

Mardi matin, le reportage télévisé sur l'accident de Yueyue avait déjà été vu plus de 2 millions de fois sur le site Youku, tandis que l'on pouvait trouver 4,4 millions de commentaires sur Weibo, le Twitter chinois. Avec un «tag» évocateur: «S'il vous plaît, arrêtons avec les cœurs froids.» «Mais qu'arrive-t-il aux gens aujourd'hui? Où leur conscience est-elle passée?», se lamente un internaute. «Je me sens vraiment triste. S'occuper de ses petits, c'est la nature même des animaux. Mais chez nous, du moins en certains endroits, il semble que l'on soit descendu en dessous des animaux, a commenté Zhang Ming, professeur de la prestigieuse université du Peuple, nous sommes face à une froideur collective, il ne faut pas le nier. À nous d'analyser comment la Chine a pu devenir comme cela.» Certains internautes sont encore plus directs. Ils n'hésitent pas à s'en prendre au «système». Au credo de l'enrichissement à tout prix, qui a «détruit la morale». Au mauvais exemple donné par les fonctionnaires corrompus.

Certains fustigent aussi la justice, qui n'encourage guère les «bons samaritains». Ils rappellent ainsi le «cas Peng Yu», une affaire qui a défrayé la chronique il y a quelques années. Un jeune homme avait secouru une vieille dame tombée en voulant monter dans un bus. Mal lui en avait pris. La victime l'avait accusé d'agression et avait demandé des milliers d'euros de dédommagement, accordés par le tribunal. Parodiant de manière grinçante le jargon économique, quelqu'un, sous le pseudo Time in words, écrivait mardi sur Weibo qu'en Chine, «aider une personne qui a chuté est un investissement risqué, et le taux de retour sur cet investissement généralement négatif».

Arnaud de La Grange

Mardi 18 octobre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/18/01003-20111018ARTFIG00782-la-chine-fait-son-autocritique-apres-le-drame-de-yueyue.php