Un groupe de jeunes a pris à partie, dans la nuit de samedi à dimanche, sans raison, deux couples dans le Vieux-Lyon. Bilan : un homme de 33 ans dans le coma. Quatre suspects ont été interpellés grâce à aux témoignages recueillis sur place.
Le quartier du Vieux-Lyon a été le théâtre d’une sauvage agression dans la nuit de samedi à dimanche. Tabassé, puis écrasé par une voiture, un homme de 33 ans se trouvait hier entre la vie et la mort. Quatre personnes soupçonnées d’être à l’origine de cette agression ont été placées en garde à vue.
L’altercation s’est déroulée à la sortie d’une des nombreuses boîtes de nuit installées le long du quai Romain-Rolland, en bord de Saône. Vers 2 heures du matin, deux couples sortent d’un de ces établissements. Ils sont alors pris à partie, sans véritable raison, par un autre petit groupe. Le ton monte rapidement et l’un des hommes, âgé de 33 ans, se trouve projeté à terre dans la bagarre et roué de coups.
Mais l’affaire n’en reste pas là. Les agresseurs grimpent dans leur voiture et roulent volontairement, devant les témoins horrifiés, sur le corps de l’homme laissé sur la chaussée, le blessant très grièvement à la tête. La victime a été plongée dans un coma artificiel. Son pronostic vital restait hier soir engagé.
Grâce aux témoignages recueillis sur ce quai très fréquenté par les noctambules en fin de semaine et aux coordonnées de la voiture relevées par les passants, la sûreté départementale a pu mettre la main dès hier matin sur un groupe de jeunes résidant à Vénissieux, en banlieue lyonnaise. Il s’agit de deux frères et de deux de leurs connaissances. « Ils ont entre 18 et 20 ans et sont connus des services de police pour des faits de vols par effraction », indique Jean-Marc Rebouillat, patron du service. Avant ces interpellations, plusieurs témoins avaient « reconnu sur photo » le propriétaire du véhicule.
L’implication des suspects dans la bagarre ne fait guère de doute, mais les enquêteurs peinent encore à déterminer le degré de participation de chacun. « Il y a encore des zones d’ombre, reconnaît Jean-Marc Rebouillat. Ils se rejettent tous la balle et on ne sait pas encore avec certitude qui était au volant. » La découverte de leur voiture, qui a mystérieusement disparu depuis dimanche matin, devrait permettre de reconstituer l’effroyable scénario de la nuit et d’identifier grâce aux prélèvements génétiques le chauffeur qui a roulé sur la victime. La garde à vue des quatre jeunes a été prolongée jusqu’à ce soir.
Ce n’est pas la première fois que ce quartier du Vieux-Lyon, qui concentre sur un kilomètre, le long de la Saône, bars et boîtes de nuit, est le théâtre de dramatiques altercations, provoquées le plus souvent par un cocktail d’alcool et de bêtise.
Le 9 janvier 2011, un homme avait été poignardé au petit matin à la sortie d’une boulangerie fréquentée par les fêtards, après une banale dispute dans la file d’attente. Les trois coups de couteau reçus dans le dos lui avaient été fatals. Le 1er janvier 2011, un homme ivre, lui aussi sorti d’un des établissements de nuit, s’était endormi dans le parking situé le long de la Saône. Couché à terre, il avait été écrasé par un automobiliste, lui-même en état d’ébriété, qui tentait une manœuvre avec sa voiture.
A la suite de ces faits divers, la police a renforcé ses patrouilles dans le quartier du Vieux-Lyon. Lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, le préfet du Rhône a également pris un arrêté interdisant la consommation d’alcool dans la rue la nuit du réveillon. L’agression de ce week-end, cependant, s’apparente, selon les premières constatations, à un acte de violence gratuite. Aux conséquences terribles.
Catherine Lagrange
Lundi 30 janvier 2012
Le Parisien
http://www.leparisien.fr/lyon-69000/lyon-roue-de-coups-et-ecrase-30-01-2012-1836663.php
lundi 30 janvier 2012
lundi 16 janvier 2012
40 à 42 millions de personnes se prostituent dans le monde
D'après le premier Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle publié cette semaine par la Fondation Scelles, 80% de ces prostitués sont des femmes ou des fillettes. Et les trois-quarts ont entre 13 et 25 ans.
Un panorama de la prostitution dans le monde. Tel est l'objectif du premier Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle (1) publié cette semaine par la Fondation Scelles (2) et auquel Le Figaro a eu accès. Pour la Fondation, qui milite contre la prostitution, les évaluations périodiques de l'ONU montrent «un véritable marché où dominent la violence, la vulnérabilité et la recherche sans limites du profit».
Quelques chiffres viennent d'abord souligner l'ampleur du phénomène. Selon les estimations internationales, entre 40 et 42 millions de personnes se prostituent dans le monde, et 75 % d'entre elles ont entre 13 et 25 ans. Neuf personnes sur dix dépendent d'un proxénète. A près de 80 %, il s'agit de femmes ou de fillettes. En Europe occidentale, 1 à 2 millions de personnes se livrent à la prostitution, en majorité des migrantes, «victimes de la traite des être humains».
Trente réseaux démantelés chaque année en France
Parmi la trentaine de pays étudiés, la France qui se caractérise par une prostitution de plus en plus «essaimée». D'abord présente dans les plus grandes agglomérations, sur les axes de déplacement et dans les zones frontalières, «elle a fait son apparition dans des agglomérations de taille moyenne comme Orléans ou Limoges». Des villes, elle se déplace en périphérie, dans les zones forestières (notamment en Ile-de-France), au bord des routes ou sur les parkings.
Une trentaine de réseaux criminels sont démantelés chaque année en France, selon le rapport, «essentiellement d'origine étrangère et dont les victimes sont originaires d'Afrique centrale, d'Afrique du Nord, des Balkans, d'Amérique du Sud et, de plus en plus, de Chine».
Les JO ou la Coupe de monde de foot accentuent le phénomène
Parmi les thèmes abordés, celui des «événements sportifs» retient l'attention. Ainsi, en 2010, les Jeux olympiques de Vancouver et la Coupe du monde de football en Afrique du Sud ont permis aux réseaux, comme lors de nombre de compétitions internationales, «d'accentuer leurs offres».
Lors du Mondial 2006 en Allemagne, l'installation de «sex-centers» près des stades, autorisée par les autorités, avait provoqué une polémique, rappelle le rapport. En Afrique du Sud, un milliard de préservatifs avaient été commandés pour faire face aux risques sanitaires. Les autorités avaient évalué à 40.000 le nombre de personnes prostituées supplémentaires, pour un effectif habituel de 100.000.
«Football et JO sont identifiés comme les théâtres les plus connus d'exploitation sexuelle. Les compétitions de Formule 1 ne sont pas en reste», est-il encore souligné. Pour les auteurs, «le Comité international olympique, fidèle à ses liens avec les instance internationales, reste mesuré et discret sur le sujet». Il faudra attendre un prochain rapport pour connaître l'impact des JO de 2012 à Londres sur la prostitution.
(1) Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle, éditions Economica, janvier 2012
(2) Reconnue d'utilité publique depuis 1994, la Fondation Scelles est présidée par le magistrat Yves Charpenel
Marie-Amélie Lombard
Vendredi 13 janvier 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/13/01016-20120113ARTFIG00766-40-a-42-millions-de-personnes-se-prostituent-dans-le-monde.php
Un panorama de la prostitution dans le monde. Tel est l'objectif du premier Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle (1) publié cette semaine par la Fondation Scelles (2) et auquel Le Figaro a eu accès. Pour la Fondation, qui milite contre la prostitution, les évaluations périodiques de l'ONU montrent «un véritable marché où dominent la violence, la vulnérabilité et la recherche sans limites du profit».
Quelques chiffres viennent d'abord souligner l'ampleur du phénomène. Selon les estimations internationales, entre 40 et 42 millions de personnes se prostituent dans le monde, et 75 % d'entre elles ont entre 13 et 25 ans. Neuf personnes sur dix dépendent d'un proxénète. A près de 80 %, il s'agit de femmes ou de fillettes. En Europe occidentale, 1 à 2 millions de personnes se livrent à la prostitution, en majorité des migrantes, «victimes de la traite des être humains».
Trente réseaux démantelés chaque année en France
Parmi la trentaine de pays étudiés, la France qui se caractérise par une prostitution de plus en plus «essaimée». D'abord présente dans les plus grandes agglomérations, sur les axes de déplacement et dans les zones frontalières, «elle a fait son apparition dans des agglomérations de taille moyenne comme Orléans ou Limoges». Des villes, elle se déplace en périphérie, dans les zones forestières (notamment en Ile-de-France), au bord des routes ou sur les parkings.
Une trentaine de réseaux criminels sont démantelés chaque année en France, selon le rapport, «essentiellement d'origine étrangère et dont les victimes sont originaires d'Afrique centrale, d'Afrique du Nord, des Balkans, d'Amérique du Sud et, de plus en plus, de Chine».
Les JO ou la Coupe de monde de foot accentuent le phénomène
Parmi les thèmes abordés, celui des «événements sportifs» retient l'attention. Ainsi, en 2010, les Jeux olympiques de Vancouver et la Coupe du monde de football en Afrique du Sud ont permis aux réseaux, comme lors de nombre de compétitions internationales, «d'accentuer leurs offres».
Lors du Mondial 2006 en Allemagne, l'installation de «sex-centers» près des stades, autorisée par les autorités, avait provoqué une polémique, rappelle le rapport. En Afrique du Sud, un milliard de préservatifs avaient été commandés pour faire face aux risques sanitaires. Les autorités avaient évalué à 40.000 le nombre de personnes prostituées supplémentaires, pour un effectif habituel de 100.000.
«Football et JO sont identifiés comme les théâtres les plus connus d'exploitation sexuelle. Les compétitions de Formule 1 ne sont pas en reste», est-il encore souligné. Pour les auteurs, «le Comité international olympique, fidèle à ses liens avec les instance internationales, reste mesuré et discret sur le sujet». Il faudra attendre un prochain rapport pour connaître l'impact des JO de 2012 à Londres sur la prostitution.
(1) Rapport mondial sur l'exploitation sexuelle, éditions Economica, janvier 2012
(2) Reconnue d'utilité publique depuis 1994, la Fondation Scelles est présidée par le magistrat Yves Charpenel
Marie-Amélie Lombard
Vendredi 13 janvier 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/01/13/01016-20120113ARTFIG00766-40-a-42-millions-de-personnes-se-prostituent-dans-le-monde.php
lundi 21 novembre 2011
Prison pour avoir jeté son bébé au four
Une femme russe a été condamnée à 16 ans de camp dans la région de Krasnoïarsk (Sibérie) pour avoir brûlé vive dans un four sa fillette de huit mois.
Après une querelle en avril avec son mari en avril, Elena Serycheva, 34 ans, était est restée seule avec ses trois enfants. Le jour du drame, pour calmer la fillette qui pleurait, elle l'a battue, puis jetée dans le four, selon les éléments d'enquête cités par l'agence Ria Novosti. Quand la fillette a cessé de pleurer, la femme est allée se coucher. Elle avait aussi battu ce jour-là son fils de 2 ans, selon des témoins. Le parquet avait requis 18 ans de prison contre elle.
L'expertise psychiatrique a établi que la femme était en pleine possession de ses facultés au moment des faits. Près de 100.000 enfants sont victimes de violences en Russie chaque année, selon un rapport datant de mars du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).
AFP
Mardi 8 novembre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/11/08/97001-20111108FILWWW00386-russie-prison-pour-avoir-jete-son-bebe-au-four.php
Après une querelle en avril avec son mari en avril, Elena Serycheva, 34 ans, était est restée seule avec ses trois enfants. Le jour du drame, pour calmer la fillette qui pleurait, elle l'a battue, puis jetée dans le four, selon les éléments d'enquête cités par l'agence Ria Novosti. Quand la fillette a cessé de pleurer, la femme est allée se coucher. Elle avait aussi battu ce jour-là son fils de 2 ans, selon des témoins. Le parquet avait requis 18 ans de prison contre elle.
L'expertise psychiatrique a établi que la femme était en pleine possession de ses facultés au moment des faits. Près de 100.000 enfants sont victimes de violences en Russie chaque année, selon un rapport datant de mars du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).
AFP
Mardi 8 novembre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/11/08/97001-20111108FILWWW00386-russie-prison-pour-avoir-jete-son-bebe-au-four.php
vendredi 4 novembre 2011
La vidéo d'un juge américain battant sa fille fait scandale
Les images, vues plus de 3 millions de fois, sont effarantes. «Je n'ai rien fait de mal si ce n'est discipliner mon enfant», répond William Adams, juge spécialisé dans les affaires familiales.
Les images sont terribles. Elles font les gros titres de la presse américaine. En 2004, Hillary Adams a filmé son père en train de la battre avec sa ceinture, plus exactement en train de la punir pour avoir passé trop de temps sur internet et téléchargé illégalement de la musique.
Le père de famille passe ainsi de longues minutes à fouetter sa fille, âgée alors de 16 ans, pour la contraindre à se pencher sur son lit. «Bend over that bed, bend over that fucking bed » (Penche toi au-dessus du lit), hurle-t-il à sa fille qui crie de douleur sous les coups de ceinture qui atteignent ses pieds, ses cuisses et ses bras. C'est finalement la mère de famille qui intervient en disant à sa fille de se comporter comme une adulte et d'obéir. La jeune fille finit alors par s'allonger sur le lit, et c'est la mère qui lui inflige la correction.
Depuis 2004, la jeune file, aujourd'hui âgée de 23 ans, a conservé cette vidéo avant de récemment la diffuser sur internet après un nouveau différend avec son père. «C'est définitivement moi, a-t-elle confirmé sur le site communautaire Reddit. Je conservais cette vidéo pour le bon moment, et après avoir été harcelée par mon père au téléphone, j'ai craqué et je l'ai mise sur le net. Maintenant, je regrette de ne pas l'avoir fait avant »:
Attention, des images de la vidéo ci-dessous peuvent choquer
L'affaire a choqué outre-Atlantique. D'autant plus que le père de famille est le juge William Adams, qui exerce dans le comté d'Aransas au Texas. Il est en outre spécialisé dans les affaires familiales. L'homme avait déjà défrayé la chronique à plusieurs reprises pour des décisions de justice très contestées dans des affaires de maltraitance d'enfants.
Ouverture d'une enquête
La vidéo a été vue plus de 3 millions de fois et de nombreuses pages ont été créées sur Facebook contre William Adams (« Don't Re-elect Judge William Adams », «Prosecute Judge Williams Adams », «Punish the judge »). Les autorités américaines ont annoncé l'ouverture d'une enquête mais les faits pourraient être frappés de prescription.
Interrogée sur NBC, la jeune fille a indiqué que ce genre de maltraitance «arrivait régulièrement». Le père, quant à lui, a reconnu les faits. «Dans mon esprit, je n'ai rien fait de mal si ce n'est discipliner mon enfant quand elle a été attrapée en train de voler. J'ai perdu mon sang froid, je me suis excusé… tout cela semble pire que ça ne l'est», a-t-il déclaré à une chaîne de télévision locale.
Fabrice Amedeo
Vendredi 4 novembre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/04/01003-20111104ARTFIG00384-un-juge-americain-filme-en-train-de-battre-sa-fille.php
Les images sont terribles. Elles font les gros titres de la presse américaine. En 2004, Hillary Adams a filmé son père en train de la battre avec sa ceinture, plus exactement en train de la punir pour avoir passé trop de temps sur internet et téléchargé illégalement de la musique.
Le père de famille passe ainsi de longues minutes à fouetter sa fille, âgée alors de 16 ans, pour la contraindre à se pencher sur son lit. «Bend over that bed, bend over that fucking bed » (Penche toi au-dessus du lit), hurle-t-il à sa fille qui crie de douleur sous les coups de ceinture qui atteignent ses pieds, ses cuisses et ses bras. C'est finalement la mère de famille qui intervient en disant à sa fille de se comporter comme une adulte et d'obéir. La jeune fille finit alors par s'allonger sur le lit, et c'est la mère qui lui inflige la correction.
Depuis 2004, la jeune file, aujourd'hui âgée de 23 ans, a conservé cette vidéo avant de récemment la diffuser sur internet après un nouveau différend avec son père. «C'est définitivement moi, a-t-elle confirmé sur le site communautaire Reddit. Je conservais cette vidéo pour le bon moment, et après avoir été harcelée par mon père au téléphone, j'ai craqué et je l'ai mise sur le net. Maintenant, je regrette de ne pas l'avoir fait avant »:
Attention, des images de la vidéo ci-dessous peuvent choquer
L'affaire a choqué outre-Atlantique. D'autant plus que le père de famille est le juge William Adams, qui exerce dans le comté d'Aransas au Texas. Il est en outre spécialisé dans les affaires familiales. L'homme avait déjà défrayé la chronique à plusieurs reprises pour des décisions de justice très contestées dans des affaires de maltraitance d'enfants.
Ouverture d'une enquête
La vidéo a été vue plus de 3 millions de fois et de nombreuses pages ont été créées sur Facebook contre William Adams (« Don't Re-elect Judge William Adams », «Prosecute Judge Williams Adams », «Punish the judge »). Les autorités américaines ont annoncé l'ouverture d'une enquête mais les faits pourraient être frappés de prescription.
Interrogée sur NBC, la jeune fille a indiqué que ce genre de maltraitance «arrivait régulièrement». Le père, quant à lui, a reconnu les faits. «Dans mon esprit, je n'ai rien fait de mal si ce n'est discipliner mon enfant quand elle a été attrapée en train de voler. J'ai perdu mon sang froid, je me suis excusé… tout cela semble pire que ça ne l'est», a-t-il déclaré à une chaîne de télévision locale.
Fabrice Amedeo
Vendredi 4 novembre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/04/01003-20111104ARTFIG00384-un-juge-americain-filme-en-train-de-battre-sa-fille.php
mercredi 19 octobre 2011
La Chine fait son autocritique après le drame de Yueyue
« Mais qu'arrive-t-il aux gens aujourd'hui ? Où leur conscience est-elle passée ? », s'interroge un des 4,4 millions de Chinois à avoir commenté cette affaire sur Weibo, le Twitter chinois.
Le sort d'une fillette laissée pour morte pousse l'opinion à s'interroger sur la montée de l'individualisme dans le pays.
Une petite fille de 2 ans luttant entre la vie et la mort, et malheureusement plus proche de celle-ci, met toute la Chine en émoi. Accidentée, la pauvre enfant n'a reçu aucun secours. L'histoire suscite sur Internet des réactions en masse. Et la société chinoise se regarde dans un triste miroir.
Le drame s'est passé dans la ville de Foshan, dans la province sudiste du Guangdong. La Yueyue s'échappe de la quincaillerie que tiennent ses parents et court dans la rue. Là, elle est renversée par une camionnette, qui continue sa route. La fillette gît sur la chaussée, dans une mare de sang. Le drame prend une tournure insoutenable. Les bandes vidéo de caméras de surveillance montrent plus d'une douzaine de piétons ou de cyclistes, passant à côté du petit corps sans y prêter attention, sans lui porter secours. Et la pauvre enfant est de nouveau écrasée par un second camion. C'est finalement une humble chiffonnière qui va se pencher sur l'innocente victime et l'amener à ses parents.
Yueyue a été emmenée dans le coma à l'hôpital de la zone militaire de Canton. Un porte-parole de l'établissement s'est montré très pessimiste, la fillette étant d'ores et déjà en état de mort cérébrale. Le père a dit sa colère que personne n'ait secouru son enfant. Animée par un digne désespoir, sa mère s'est contentée de demander «à quoi penseront un jour tous ces passants froids, s'ils se marient et ont un enfant?» La presse de Canton, qui s'est procuré des bandes vidéo (attention les images peuvent choquer), assure avoir compté jusqu'à 18 témoins inactifs, et a pu en retrouver certains.
Tous nient avoir été là ou assurent n'avoir rien vu. L'émotion est d'autant plus grande qu'un scandale a déjà défrayé la cyber-chronique, le mois dernier, quand les passants de Wuhan ont laissé mourir dans l'indifférence un vieil homme de 88 ans. Il était tombé dans la rue sur le nez et n'avait pu se relever. Ignoré pendant une bonne heure, il était mort étouffé dans son propre sang. Cette fois-ci, la tradition confucéenne de respect et d'aide aux aînés est bien malmenée.
«Froideur collective»
Mardi matin, le reportage télévisé sur l'accident de Yueyue avait déjà été vu plus de 2 millions de fois sur le site Youku, tandis que l'on pouvait trouver 4,4 millions de commentaires sur Weibo, le Twitter chinois. Avec un «tag» évocateur: «S'il vous plaît, arrêtons avec les cœurs froids.» «Mais qu'arrive-t-il aux gens aujourd'hui? Où leur conscience est-elle passée?», se lamente un internaute. «Je me sens vraiment triste. S'occuper de ses petits, c'est la nature même des animaux. Mais chez nous, du moins en certains endroits, il semble que l'on soit descendu en dessous des animaux, a commenté Zhang Ming, professeur de la prestigieuse université du Peuple, nous sommes face à une froideur collective, il ne faut pas le nier. À nous d'analyser comment la Chine a pu devenir comme cela.» Certains internautes sont encore plus directs. Ils n'hésitent pas à s'en prendre au «système». Au credo de l'enrichissement à tout prix, qui a «détruit la morale». Au mauvais exemple donné par les fonctionnaires corrompus.
Certains fustigent aussi la justice, qui n'encourage guère les «bons samaritains». Ils rappellent ainsi le «cas Peng Yu», une affaire qui a défrayé la chronique il y a quelques années. Un jeune homme avait secouru une vieille dame tombée en voulant monter dans un bus. Mal lui en avait pris. La victime l'avait accusé d'agression et avait demandé des milliers d'euros de dédommagement, accordés par le tribunal. Parodiant de manière grinçante le jargon économique, quelqu'un, sous le pseudo Time in words, écrivait mardi sur Weibo qu'en Chine, «aider une personne qui a chuté est un investissement risqué, et le taux de retour sur cet investissement généralement négatif».
Arnaud de La Grange
Mardi 18 octobre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/18/01003-20111018ARTFIG00782-la-chine-fait-son-autocritique-apres-le-drame-de-yueyue.php
lundi 6 juin 2011
GB : des actes de torture dans un centre pour handicapés
Un reportage diffusé mardi par la BBC montre des patients physiquement et verbalement agressés par leurs soignants. Une pensionnaire y est même poussée au suicide. Quatre personnes ont été arrêtées.
Des patients frappés ou injuriés. Une autre traînée sous la douche alors qu'elle est habillée. Filmées par un reporter du magazine britannique Panorama, ces images ont été diffusées mardi soir par la BBC. Elles ont été tournées dans un centre pour handicapés situé à Hambrook, près de Bristol, au sud-ouest de l'Angleterre. Elles témoignent de mauvais traitements dont ont été victimes plusieurs patients.
Embauché comme assistant soignant, un journaliste de ce programme d'investigation a filmé, en caméra cachée, dans le centre privé de Winterbourne View. Cet établissement héberge des adultes ayant des difficultés d'apprentissage, des autistes et des handicapés mentaux. Le tournage a duré pendant 5 semaines, en février et mars.
Les images du reportage, disponibles sur YouTube, montrent notamment une patiente de 18 ans, Simone, insultée et arrosée d'eau froide par des soignants qui l'aspergent de savon. La scène se répète deux fois dans la même journée. La jeune fille, qui souffre d'un problème génétique, oppose cette phrase au traitement qu'on lui impose : «C'est froid maman». Dans une autre scène, Simone est conduite à l'extérieur. Alors que la température est glaciale, un soignant lui jette de l'eau froide sur la tête. Les parents de Simone, en pleurs, ont témoigné dans le programme télévisé, expliquant que leur fille leur avait confié avoir été frappée mais qu'ils ne l'avaient pas crue «parce que c'est interdit».
D'autres images montrent un soignant intervenant après qu'une patiente a tenté de se suicider en franchissant une fenêtre au deuxième étage. «Vas-y, fais-le maintenant que je suis là, tu vas t'envoler», lance-t-il à la patiente, en pleurs. «Quand tu vas toucher le sol, tu crois que tu vas faire un plat ou un splash ? Tiens, je vais maintenir la fenêtre ouverte». «Il s'agit d'une institution thérapeutique. Où est la thérapie ? Je dirais que c'est de la torture», a réagi dans l'émission un psychologue, Andrew McDonnell.
Un extrait du reportage :
13 employés suspendus
L'émission Panorama a pris la décision de filmer en caméra cachée après avoir été saisie par un ancien infirmier du centre, indigné par le comportement de ses collègues. Ce soignant, Terry Bryan, avait alerté des dirigeants de l'institution en octobre 2010, puis la Commission de contrôle de la qualité des soins (CQC), chargée d'inspecter les établissements de santé, en décembre, sans succès.
Première conséquence de la diffusion du reportage, trois hommes de 42, 30 et 25 ans et une femme de 24 ans, soupçonnés de mauvais traitements, ont été arrêtés puis relâchés sous caution en attendant l'issue d'une enquête policière. La CQC a présenté ses excuses pour n'avoir pas agi aussitôt. Paul Burstow, secrétaire d'État en charge des personnes âgées, a demandé que l'inaction de la CQC fasse l'objet d'une enquête. Le ministre a aussi demandé des contrôles dans d'autres structures similaires au centre concerné.
Quant à la société privée en charge du centre, Castlebeck, elle a suspendu 13 employés et annoncé un audit interne dans ses 56 centres, qui accueillent 580 patients. Son directeur général, Lee Reed, a déclaré pendant l'émission avoir honte de ce qui s'est passé et a aussi présenté ses excuses.
Jérôme Bouin
Mercredi 1er juin 2011
Le Figaro (avec AFP)
http://www.lefigaro.fr/international/2011/06/01/01003-20110601ARTFIG00550-gb-des-actes-de-torture-dans-un-centre-pour-handicapes.php#xtor=RSS-216
Des patients frappés ou injuriés. Une autre traînée sous la douche alors qu'elle est habillée. Filmées par un reporter du magazine britannique Panorama, ces images ont été diffusées mardi soir par la BBC. Elles ont été tournées dans un centre pour handicapés situé à Hambrook, près de Bristol, au sud-ouest de l'Angleterre. Elles témoignent de mauvais traitements dont ont été victimes plusieurs patients.
Embauché comme assistant soignant, un journaliste de ce programme d'investigation a filmé, en caméra cachée, dans le centre privé de Winterbourne View. Cet établissement héberge des adultes ayant des difficultés d'apprentissage, des autistes et des handicapés mentaux. Le tournage a duré pendant 5 semaines, en février et mars.
Les images du reportage, disponibles sur YouTube, montrent notamment une patiente de 18 ans, Simone, insultée et arrosée d'eau froide par des soignants qui l'aspergent de savon. La scène se répète deux fois dans la même journée. La jeune fille, qui souffre d'un problème génétique, oppose cette phrase au traitement qu'on lui impose : «C'est froid maman». Dans une autre scène, Simone est conduite à l'extérieur. Alors que la température est glaciale, un soignant lui jette de l'eau froide sur la tête. Les parents de Simone, en pleurs, ont témoigné dans le programme télévisé, expliquant que leur fille leur avait confié avoir été frappée mais qu'ils ne l'avaient pas crue «parce que c'est interdit».
D'autres images montrent un soignant intervenant après qu'une patiente a tenté de se suicider en franchissant une fenêtre au deuxième étage. «Vas-y, fais-le maintenant que je suis là, tu vas t'envoler», lance-t-il à la patiente, en pleurs. «Quand tu vas toucher le sol, tu crois que tu vas faire un plat ou un splash ? Tiens, je vais maintenir la fenêtre ouverte». «Il s'agit d'une institution thérapeutique. Où est la thérapie ? Je dirais que c'est de la torture», a réagi dans l'émission un psychologue, Andrew McDonnell.
Un extrait du reportage :
13 employés suspendus
L'émission Panorama a pris la décision de filmer en caméra cachée après avoir été saisie par un ancien infirmier du centre, indigné par le comportement de ses collègues. Ce soignant, Terry Bryan, avait alerté des dirigeants de l'institution en octobre 2010, puis la Commission de contrôle de la qualité des soins (CQC), chargée d'inspecter les établissements de santé, en décembre, sans succès.
Première conséquence de la diffusion du reportage, trois hommes de 42, 30 et 25 ans et une femme de 24 ans, soupçonnés de mauvais traitements, ont été arrêtés puis relâchés sous caution en attendant l'issue d'une enquête policière. La CQC a présenté ses excuses pour n'avoir pas agi aussitôt. Paul Burstow, secrétaire d'État en charge des personnes âgées, a demandé que l'inaction de la CQC fasse l'objet d'une enquête. Le ministre a aussi demandé des contrôles dans d'autres structures similaires au centre concerné.
Quant à la société privée en charge du centre, Castlebeck, elle a suspendu 13 employés et annoncé un audit interne dans ses 56 centres, qui accueillent 580 patients. Son directeur général, Lee Reed, a déclaré pendant l'émission avoir honte de ce qui s'est passé et a aussi présenté ses excuses.
Jérôme Bouin
Mercredi 1er juin 2011
Le Figaro (avec AFP)
http://www.lefigaro.fr/international/2011/06/01/01003-20110601ARTFIG00550-gb-des-actes-de-torture-dans-un-centre-pour-handicapes.php#xtor=RSS-216
lundi 9 mai 2011
Une pétition contre le viol des lesbiennes en Afrique du Sud
Millicent Gaika, une Sud-africaine, s'est fait battre, torturer, étrangler et violer cinq heures durant en novembre. Son agresseur voulait la «soigner» de son homosexualité. «Je sais que tu es lesbienne. Tu n'es pas un homme, tu penses que tu en es un, mais je vais te montrer, tu es une femme», lui a-t-il dit, d'après les minutes du procès. Aujourd'hui cet homme est libre. En guise de caution, il n'a payé que 60 rands, une somme inférieure à 10 dollars, rapporte AlterNet.
Cette femme a été victime de ce que les Sud-africains appellent un «viol correctif»: des hommes, seuls ou en groupe, violent les homosexuelles, soi-disant pour les faire redevenir hétéros. D'après l'ONG ActionAid, ces violences redoublent depuis 2009. Dans les townships, c'est le crime le plus répandu contre les lesbiennes. Selon l'ONG Luleki Sizwe, qui milite pour la cause LGBT en Afrique du Sud, 10 homosexuelles se font violer chaque semaine rien qu'à Cape Town.
Au mois de décembre, la présidente de Luleki Sizwe a lancé une pétition qui demande à ce que le «viol correctif» soit qualifié de «crime haineux». En quelques semaines, la lettre à l'attention du ministre de la Justice sud-africain a été signée par plus de 135.000 internautes autour du monde, à la date du 13 janvier. Un succès qui lui a valu l'attention des médias sud-africains.
Dans la pétition, l'association Luleki Sizwe demande à ce que soit reconnu le phénomène de «viol correctif», et qu'il soit puni de 25 ans de prison. En effet, selon leurs chiffres, seul un homme poursuivi pour viol sur 25 finit en prison. Elle réclame également d'autres mesures comme par exemple:
- l'«introduction dans les programmes scolaires d'informations anti-homophobes, pour les professeurs et les élèves, étant donné que de nombreux viols et violences sont perpétrés à l'école, par des élèves et des professeurs»,
- des officiers de police femmes et des assistantes sociales dans tous les postes de police 24h/24,
- l'hébergement des victimes dans des maisons sécurisées pour éviter que les lesbiennes violées côtoient leurs agresseurs (souvent leurs voisins) au quotidien,
- le droit à une procédure judiciaire accélérée.
D'après le journal sud-africain Business Day, le porte-parole du ministère de la Justice a accusé réception de nombreux e-mail et de la pétition le 5 janvier 2011:
«Nous accordons beaucoup d'importance à ce problème. Qu'on l'appelle "viol correctif" ou pas, cela n'en demeure pas moins [...] un viol, puni par notre loi, en dépit des motivations des agresseurs.»
L'ONG n'a toujours pas obtenu de rencontre avec le ministre, ainsi qu'elle le demande. Mais le nombre de signatures ne peut que les encourager, d'après Ben Rattray, le fondateur de Change.org (le site qui héberge la pétition):
«D'un point de vue mondial, rares sont les gens qui ont aussi peu de pouvoir que ces femmes. Il s'agit de femmes, pauvres, noires, lesbiennes et sud-africaines. Mais leur histoire est tellement frappante, elle peut faire écho auprès de millions de personnes autour du monde, et grâce à ce mécanisme qui les connecte avec ces gens, leur pouvoir potentiel est immense.»
Photo: The Gallery Walk / womencandoit via Flickr CC license by
Slate
Jeudi 13 janvier 2011
Slate.fr
http://www.slate.fr/lien/32705/petition-contre-viol-lesbiennes-afrique-du-sud
Cette femme a été victime de ce que les Sud-africains appellent un «viol correctif»: des hommes, seuls ou en groupe, violent les homosexuelles, soi-disant pour les faire redevenir hétéros. D'après l'ONG ActionAid, ces violences redoublent depuis 2009. Dans les townships, c'est le crime le plus répandu contre les lesbiennes. Selon l'ONG Luleki Sizwe, qui milite pour la cause LGBT en Afrique du Sud, 10 homosexuelles se font violer chaque semaine rien qu'à Cape Town.
Au mois de décembre, la présidente de Luleki Sizwe a lancé une pétition qui demande à ce que le «viol correctif» soit qualifié de «crime haineux». En quelques semaines, la lettre à l'attention du ministre de la Justice sud-africain a été signée par plus de 135.000 internautes autour du monde, à la date du 13 janvier. Un succès qui lui a valu l'attention des médias sud-africains.
Dans la pétition, l'association Luleki Sizwe demande à ce que soit reconnu le phénomène de «viol correctif», et qu'il soit puni de 25 ans de prison. En effet, selon leurs chiffres, seul un homme poursuivi pour viol sur 25 finit en prison. Elle réclame également d'autres mesures comme par exemple:
- l'«introduction dans les programmes scolaires d'informations anti-homophobes, pour les professeurs et les élèves, étant donné que de nombreux viols et violences sont perpétrés à l'école, par des élèves et des professeurs»,
- des officiers de police femmes et des assistantes sociales dans tous les postes de police 24h/24,
- l'hébergement des victimes dans des maisons sécurisées pour éviter que les lesbiennes violées côtoient leurs agresseurs (souvent leurs voisins) au quotidien,
- le droit à une procédure judiciaire accélérée.
D'après le journal sud-africain Business Day, le porte-parole du ministère de la Justice a accusé réception de nombreux e-mail et de la pétition le 5 janvier 2011:
«Nous accordons beaucoup d'importance à ce problème. Qu'on l'appelle "viol correctif" ou pas, cela n'en demeure pas moins [...] un viol, puni par notre loi, en dépit des motivations des agresseurs.»
L'ONG n'a toujours pas obtenu de rencontre avec le ministre, ainsi qu'elle le demande. Mais le nombre de signatures ne peut que les encourager, d'après Ben Rattray, le fondateur de Change.org (le site qui héberge la pétition):
«D'un point de vue mondial, rares sont les gens qui ont aussi peu de pouvoir que ces femmes. Il s'agit de femmes, pauvres, noires, lesbiennes et sud-africaines. Mais leur histoire est tellement frappante, elle peut faire écho auprès de millions de personnes autour du monde, et grâce à ce mécanisme qui les connecte avec ces gens, leur pouvoir potentiel est immense.»
Photo: The Gallery Walk / womencandoit via Flickr CC license by
Slate
Jeudi 13 janvier 2011
Slate.fr
http://www.slate.fr/lien/32705/petition-contre-viol-lesbiennes-afrique-du-sud
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