lundi 31 janvier 2011

Nancy : il torture à mort le bourreau présumé de sa fille

Le procès d'un père de famille, accusé d'avoir tué, à l'aide de complices, le violeur présumé de sa fille, se tient jusqu'à vendredi en appel devant la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle.

Treize heures de torture : c'est ce qu'a enduré Sylvain Nercher avant de succomber, le 14 mai 2007, à ses blessures. Ses trois bourreaux comparaissent en appel depuis mardi et jusqu'à vendredi devant la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle. En première instance, en mars dernier, ils avaient été condamnés à 20, 22 et 25 ans de réclusion criminelle.

Le 13 mai 2007, Patrick Bonfanti, 51 ans, se rend au domicile de Sylvain Nercher accompagné de son gendre, Fabrice Wilkomm, 33 ans, et d'un ami, Jean-Marie Haffner, 45 ans. Patrick Bonfanti vient régler ses comptes : sa fille Amandine, âgée de 24 ans, lui a raconté avoir été violée par Sylvain Nercher. Les trois hommes entendent bien se faire justice eux-mêmes et lui infliger une «petite correction». Rapidement, les coups pleuvent.

Mais Sylvain Nercher, 42 ans, refuse de reconnaître les faits. Les trois hommes le transportent alors de force au domicile de Patrick Bonfanti. La violence y monte d'un cran. Humiliations, coups de poing, de pied, de bâton et... séances d'électrocution. Le père convie même sa fille à assister au cruel spectacle dans la soirée. Le 14 au matin, Sylvain Nercher décède de ses multiples blessures.

Seule la fille n'a pas fait appel

Les trois hommes dissimulent alors le cadavre sous une bâche dans la cuve à vidange du garage de Patrick Bonfanti. Avant de le brûler, une semaine plus tard, dans une déchetterie. En découvrant le cadavre, les enquêteurs ne tardent pas à remonter la trace des trois hommes, qui passent rapidement aux aveux.

Au cours du premier procès, à Metz, l'accusation avait pointé les contradictions des suspects et douté de leurs motivations quant à cette expédition punitive. Amandine, en effet, a peiné à convaincre la cour de la véracité du viol dont elle aurait été victime. D'autant que plusieurs témoignages ont révélé qu'elle «fréquentait» régulièrement Sylvain Nercher.

Sans surprise, les trois bourreaux avaient écopé de peines lourdes. Tous avait alors décidé de faire appel, assurant ne pas avoir voulu délibérément tuer Sylvain Nercher. Seule la fille, qui a été condamnée à cinq ans de prison, a bien voulu accepter sa sentence. Les accusés encourent une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Flore Galaud

Mardi 11 janvier 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/01/11/01016-20110111ARTFIG00625-nancy-il-torture-a-mort-le-bourreau-presume-de-sa-fille.php

mercredi 12 janvier 2011

Chine: aux travaux forcés pour un retweet

Attention à vos tweets! En Chine, retweeter un message que le gouvernement n'apprécie pas peut vous conduire à un an de travaux forcés.

C'est ce qui est arrivé à Cheng Jianping. CNN révèle que cette jeune Chinoise a été condamnée à une année de «Réeducation par le travail» pour avoir retweeté, le 17 octobre, le tweet de son fiancé. Dans ce tweet, Hua Chunhui se moquait des Chinois qui s'en sont pris aux produits japonais, lors d'une récente manifestation: «Les manifestations anti-japonaises, la destruction des produits japonais, tout cela a déjà été fait il y a quelques années par Guo Quan [activiste et expert du massacre de Nanjing]. Il n'y a rien de nouveau. Pour passer à le vitesse supérieure, il faut prendre un avion pour Shangai et détruire le pavillon du Japon».

Dix jours après son retweet, le jour de son mariage, Cheng disparaissait, ainsi que son fiancé, qui a lui été relâché cinq jours plus tard. Presque un mois plus tard, on découvre qu'elle a été emprisonnée puis condamnée par la police locale. Amnesty International demande aux autorités chinoises sa libération.

«Condamner quelqu'un à un an de travaux forcés, sans aucun procès, pour avoir tout simplement répété une obseravtion ironique émise par une autre personne sur Twitter montre le niveau de la répression de l'expression sur la toile en Chine», déclare Sam Zarifi, directeur du programme Asie Pacifique de Amnesty International.

Cheng pourrait être la première citoyenne chinoise à être emprisonnée pour un simple tweet. «Il est possible que Cheng Jianping ait été visée pour son activisme sur la toile au cours des dernières années, et pour son soutien à d'autres dissidents et activistes Chinois», poursuit Sam Zarifi.

D'après d'autres activistes chinois présents sur Twitter, Cheng n'était pas particulièrmennt militante. Elle soutenait par exemple le prix Nobel Liu Xiaobo, ou encore Zhao Lianhai, condamné pour avoir demandé publiquement des réparations pour le scandale du lait maternisé Sanlu.

Twitter est bloqué en Chine, rappelle Amnesty international, mais beaucoup y ont accès et l'utilisent, en particulier les militants pour les droits de l'homme qui s'en servent pour organiser le soutien des activistes emprisonnés ou poursuivis par la justice.




Capture d'écran du compte Twitter de wangyi09


Slate

Jeudi 18 novembre 2010
Slate.fr
http://www.slate.fr/lien/30383/chine-travaux-forces-retweet