lundi 21 novembre 2011

Prison pour avoir jeté son bébé au four

Une femme russe a été condamnée à 16 ans de camp dans la région de Krasnoïarsk (Sibérie) pour avoir brûlé vive dans un four sa fillette de huit mois.

Après une querelle en avril avec son mari en avril, Elena Serycheva, 34 ans, était est restée seule avec ses trois enfants. Le jour du drame, pour calmer la fillette qui pleurait, elle l'a battue, puis jetée dans le four, selon les éléments d'enquête cités par l'agence Ria Novosti. Quand la fillette a cessé de pleurer, la femme est allée se coucher. Elle avait aussi battu ce jour-là son fils de 2 ans, selon des témoins. Le parquet avait requis 18 ans de prison contre elle.

L'expertise psychiatrique a établi que la femme était en pleine possession de ses facultés au moment des faits. Près de 100.000 enfants sont victimes de violences en Russie chaque année, selon un rapport datant de mars du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

AFP

Mardi 8 novembre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/11/08/97001-20111108FILWWW00386-russie-prison-pour-avoir-jete-son-bebe-au-four.php

vendredi 4 novembre 2011

La vidéo d'un juge américain battant sa fille fait scandale

Les images, vues plus de 3 millions de fois, sont effarantes. «Je n'ai rien fait de mal si ce n'est discipliner mon enfant», répond William Adams, juge spécialisé dans les affaires familiales.

Les images sont terribles. Elles font les gros titres de la presse américaine. En 2004, Hillary Adams a filmé son père en train de la battre avec sa ceinture, plus exactement en train de la punir pour avoir passé trop de temps sur internet et téléchargé illégalement de la musique.

Le père de famille passe ainsi de longues minutes à fouetter sa fille, âgée alors de 16 ans, pour la contraindre à se pencher sur son lit. «Bend over that bed, bend over that fucking bed » (Penche toi au-dessus du lit), hurle-t-il à sa fille qui crie de douleur sous les coups de ceinture qui atteignent ses pieds, ses cuisses et ses bras. C'est finalement la mère de famille qui intervient en disant à sa fille de se comporter comme une adulte et d'obéir. La jeune fille finit alors par s'allonger sur le lit, et c'est la mère qui lui inflige la correction.

Depuis 2004, la jeune file, aujourd'hui âgée de 23 ans, a conservé cette vidéo avant de récemment la diffuser sur internet après un nouveau différend avec son père. «C'est définitivement moi, a-t-elle confirmé sur le site communautaire Reddit. Je conservais cette vidéo pour le bon moment, et après avoir été harcelée par mon père au téléphone, j'ai craqué et je l'ai mise sur le net. Maintenant, je regrette de ne pas l'avoir fait avant »:

Attention, des images de la vidéo ci-dessous peuvent choquer



L'affaire a choqué outre-Atlantique. D'autant plus que le père de famille est le juge William Adams, qui exerce dans le comté d'Aransas au Texas. Il est en outre spécialisé dans les affaires familiales. L'homme avait déjà défrayé la chronique à plusieurs reprises pour des décisions de justice très contestées dans des affaires de maltraitance d'enfants.

Ouverture d'une enquête

La vidéo a été vue plus de 3 millions de fois et de nombreuses pages ont été créées sur Facebook contre William Adams (« Don't Re-elect Judge William Adams », «Prosecute Judge Williams Adams », «Punish the judge »). Les autorités américaines ont annoncé l'ouverture d'une enquête mais les faits pourraient être frappés de prescription.

Interrogée sur NBC, la jeune fille a indiqué que ce genre de maltraitance «arrivait régulièrement». Le père, quant à lui, a reconnu les faits. «Dans mon esprit, je n'ai rien fait de mal si ce n'est discipliner mon enfant quand elle a été attrapée en train de voler. J'ai perdu mon sang froid, je me suis excusé… tout cela semble pire que ça ne l'est», a-t-il déclaré à une chaîne de télévision locale.

Fabrice Amedeo

Vendredi 4 novembre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/2011/11/04/01003-20111104ARTFIG00384-un-juge-americain-filme-en-train-de-battre-sa-fille.php

mercredi 19 octobre 2011

La Chine fait son autocritique après le drame de Yueyue


« Mais qu'arrive-t-il aux gens aujourd'hui ? Où leur conscience est-elle passée ? », s'interroge un des 4,4 millions de Chinois à avoir commenté cette affaire sur Weibo, le Twitter chinois.

Le sort d'une fillette laissée pour morte pousse l'opinion à s'interroger sur la montée de l'individualisme dans le pays.

Une petite fille de 2 ans luttant entre la vie et la mort, et malheureusement plus proche de celle-ci, met toute la Chine en émoi. Accidentée, la pauvre enfant n'a reçu aucun secours. L'histoire suscite sur Internet des réactions en masse. Et la société chinoise se regarde dans un triste miroir.

Le drame s'est passé dans la ville de Foshan, dans la province sudiste du Guangdong. La Yueyue s'échappe de la quincaillerie que tiennent ses parents et court dans la rue. Là, elle est renversée par une camionnette, qui continue sa route. La fillette gît sur la chaussée, dans une mare de sang. Le drame prend une tournure insoutenable. Les bandes vidéo de caméras de surveillance montrent plus d'une douzaine de piétons ou de cyclistes, passant à côté du petit corps sans y prêter attention, sans lui porter secours. Et la pauvre enfant est de nouveau écrasée par un second camion. C'est finalement une humble chiffonnière qui va se pencher sur l'innocente victime et l'amener à ses parents.

Yueyue a été emmenée dans le coma à l'hôpital de la zone militaire de Canton. Un porte-parole de l'établissement s'est montré très pessimiste, la fillette étant d'ores et déjà en état de mort cérébrale. Le père a dit sa colère que personne n'ait secouru son enfant. Animée par un digne désespoir, sa mère s'est contentée de demander «à quoi penseront un jour tous ces passants froids, s'ils se marient et ont un enfant?» La presse de Canton, qui s'est procuré des bandes vidéo (attention les images peuvent choquer), assure avoir compté jusqu'à 18 témoins inactifs, et a pu en retrouver certains.

Tous nient avoir été là ou assurent n'avoir rien vu. L'émotion est d'autant plus grande qu'un scandale a déjà défrayé la cyber-chronique, le mois dernier, quand les passants de Wuhan ont laissé mourir dans l'indifférence un vieil homme de 88 ans. Il était tombé dans la rue sur le nez et n'avait pu se relever. Ignoré pendant une bonne heure, il était mort étouffé dans son propre sang. Cette fois-ci, la tradition confucéenne de respect et d'aide aux aînés est bien malmenée.
«Froideur collective»

Mardi matin, le reportage télévisé sur l'accident de Yueyue avait déjà été vu plus de 2 millions de fois sur le site Youku, tandis que l'on pouvait trouver 4,4 millions de commentaires sur Weibo, le Twitter chinois. Avec un «tag» évocateur: «S'il vous plaît, arrêtons avec les cœurs froids.» «Mais qu'arrive-t-il aux gens aujourd'hui? Où leur conscience est-elle passée?», se lamente un internaute. «Je me sens vraiment triste. S'occuper de ses petits, c'est la nature même des animaux. Mais chez nous, du moins en certains endroits, il semble que l'on soit descendu en dessous des animaux, a commenté Zhang Ming, professeur de la prestigieuse université du Peuple, nous sommes face à une froideur collective, il ne faut pas le nier. À nous d'analyser comment la Chine a pu devenir comme cela.» Certains internautes sont encore plus directs. Ils n'hésitent pas à s'en prendre au «système». Au credo de l'enrichissement à tout prix, qui a «détruit la morale». Au mauvais exemple donné par les fonctionnaires corrompus.

Certains fustigent aussi la justice, qui n'encourage guère les «bons samaritains». Ils rappellent ainsi le «cas Peng Yu», une affaire qui a défrayé la chronique il y a quelques années. Un jeune homme avait secouru une vieille dame tombée en voulant monter dans un bus. Mal lui en avait pris. La victime l'avait accusé d'agression et avait demandé des milliers d'euros de dédommagement, accordés par le tribunal. Parodiant de manière grinçante le jargon économique, quelqu'un, sous le pseudo Time in words, écrivait mardi sur Weibo qu'en Chine, «aider une personne qui a chuté est un investissement risqué, et le taux de retour sur cet investissement généralement négatif».

Arnaud de La Grange

Mardi 18 octobre 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/18/01003-20111018ARTFIG00782-la-chine-fait-son-autocritique-apres-le-drame-de-yueyue.php

lundi 6 juin 2011

GB : des actes de torture dans un centre pour handicapés

Un reportage diffusé mardi par la BBC montre des patients physiquement et verbalement agressés par leurs soignants. Une pensionnaire y est même poussée au suicide. Quatre personnes ont été arrêtées.

Des patients frappés ou injuriés. Une autre traînée sous la douche alors qu'elle est habillée. Filmées par un reporter du magazine britannique Panorama, ces images ont été diffusées mardi soir par la BBC. Elles ont été tournées dans un centre pour handicapés situé à Hambrook, près de Bristol, au sud-ouest de l'Angleterre. Elles témoignent de mauvais traitements dont ont été victimes plusieurs patients.

Embauché comme assistant soignant, un journaliste de ce programme d'investigation a filmé, en caméra cachée, dans le centre privé de Winterbourne View. Cet établissement héberge des adultes ayant des difficultés d'apprentissage, des autistes et des handicapés mentaux. Le tournage a duré pendant 5 semaines, en février et mars.

Les images du reportage, disponibles sur YouTube, montrent notamment une patiente de 18 ans, Simone, insultée et arrosée d'eau froide par des soignants qui l'aspergent de savon. La scène se répète deux fois dans la même journée. La jeune fille, qui souffre d'un problème génétique, oppose cette phrase au traitement qu'on lui impose : «C'est froid maman». Dans une autre scène, Simone est conduite à l'extérieur. Alors que la température est glaciale, un soignant lui jette de l'eau froide sur la tête. Les parents de Simone, en pleurs, ont témoigné dans le programme télévisé, expliquant que leur fille leur avait confié avoir été frappée mais qu'ils ne l'avaient pas crue «parce que c'est interdit».

D'autres images montrent un soignant intervenant après qu'une patiente a tenté de se suicider en franchissant une fenêtre au deuxième étage. «Vas-y, fais-le maintenant que je suis là, tu vas t'envoler», lance-t-il à la patiente, en pleurs. «Quand tu vas toucher le sol, tu crois que tu vas faire un plat ou un splash ? Tiens, je vais maintenir la fenêtre ouverte». «Il s'agit d'une institution thérapeutique. Où est la thérapie ? Je dirais que c'est de la torture», a réagi dans l'émission un psychologue, Andrew McDonnell.

Un extrait du reportage :

13 employés suspendus

L'émission Panorama a pris la décision de filmer en caméra cachée après avoir été saisie par un ancien infirmier du centre, indigné par le comportement de ses collègues. Ce soignant, Terry Bryan, avait alerté des dirigeants de l'institution en octobre 2010, puis la Commission de contrôle de la qualité des soins (CQC), chargée d'inspecter les établissements de santé, en décembre, sans succès.

Première conséquence de la diffusion du reportage, trois hommes de 42, 30 et 25 ans et une femme de 24 ans, soupçonnés de mauvais traitements, ont été arrêtés puis relâchés sous caution en attendant l'issue d'une enquête policière. La CQC a présenté ses excuses pour n'avoir pas agi aussitôt. Paul Burstow, secrétaire d'État en charge des personnes âgées, a demandé que l'inaction de la CQC fasse l'objet d'une enquête. Le ministre a aussi demandé des contrôles dans d'autres structures similaires au centre concerné.

Quant à la société privée en charge du centre, Castlebeck, elle a suspendu 13 employés et annoncé un audit interne dans ses 56 centres, qui accueillent 580 patients. Son directeur général, Lee Reed, a déclaré pendant l'émission avoir honte de ce qui s'est passé et a aussi présenté ses excuses.

Jérôme Bouin

Mercredi 1er juin 2011
Le Figaro (avec AFP)
http://www.lefigaro.fr/international/2011/06/01/01003-20110601ARTFIG00550-gb-des-actes-de-torture-dans-un-centre-pour-handicapes.php#xtor=RSS-216







lundi 9 mai 2011

Une pétition contre le viol des lesbiennes en Afrique du Sud

Millicent Gaika, une Sud-africaine, s'est fait battre, torturer, étrangler et violer cinq heures durant en novembre. Son agresseur voulait la «soigner» de son homosexualité. «Je sais que tu es lesbienne. Tu n'es pas un homme, tu penses que tu en es un, mais je vais te montrer, tu es une femme», lui a-t-il dit, d'après les minutes du procès. Aujourd'hui cet homme est libre. En guise de caution, il n'a payé que 60 rands, une somme inférieure à 10 dollars, rapporte AlterNet.

Cette femme a été victime de ce que les Sud-africains appellent un «viol correctif»: des hommes, seuls ou en groupe, violent les homosexuelles, soi-disant pour les faire redevenir hétéros. D'après l'ONG ActionAid, ces violences redoublent depuis 2009. Dans les townships, c'est le crime le plus répandu contre les lesbiennes. Selon l'ONG Luleki Sizwe, qui milite pour la cause LGBT en Afrique du Sud, 10 homosexuelles se font violer chaque semaine rien qu'à Cape Town.

Au mois de décembre, la présidente de Luleki Sizwe a lancé une pétition qui demande à ce que le «viol correctif» soit qualifié de «crime haineux». En quelques semaines, la lettre à l'attention du ministre de la Justice sud-africain a été signée par plus de 135.000 internautes autour du monde, à la date du 13 janvier. Un succès qui lui a valu l'attention des médias sud-africains.

Dans la pétition, l'association Luleki Sizwe demande à ce que soit reconnu le phénomène de «viol correctif», et qu'il soit puni de 25 ans de prison. En effet, selon leurs chiffres, seul un homme poursuivi pour viol sur 25 finit en prison. Elle réclame également d'autres mesures comme par exemple:

- l'«introduction dans les programmes scolaires d'informations anti-homophobes, pour les professeurs et les élèves, étant donné que de nombreux viols et violences sont perpétrés à l'école, par des élèves et des professeurs»,
- des officiers de police femmes et des assistantes sociales dans tous les postes de police 24h/24,
- l'hébergement des victimes dans des maisons sécurisées pour éviter que les lesbiennes violées côtoient leurs agresseurs (souvent leurs voisins) au quotidien,
- le droit à une procédure judiciaire accélérée.

D'après le journal sud-africain Business Day, le porte-parole du ministère de la Justice a accusé réception de nombreux e-mail et de la pétition le 5 janvier 2011:

«Nous accordons beaucoup d'importance à ce problème. Qu'on l'appelle "viol correctif" ou pas, cela n'en demeure pas moins [...] un viol, puni par notre loi, en dépit des motivations des agresseurs.»

L'ONG n'a toujours pas obtenu de rencontre avec le ministre, ainsi qu'elle le demande. Mais le nombre de signatures ne peut que les encourager, d'après Ben Rattray, le fondateur de Change.org (le site qui héberge la pétition):

«D'un point de vue mondial, rares sont les gens qui ont aussi peu de pouvoir que ces femmes. Il s'agit de femmes, pauvres, noires, lesbiennes et sud-africaines. Mais leur histoire est tellement frappante, elle peut faire écho auprès de millions de personnes autour du monde, et grâce à ce mécanisme qui les connecte avec ces gens, leur pouvoir potentiel est immense.»


Photo: The Gallery Walk / womencandoit via Flickr CC license by

Slate

Jeudi 13 janvier 2011
Slate.fr
http://www.slate.fr/lien/32705/petition-contre-viol-lesbiennes-afrique-du-sud

lundi 28 février 2011

Elle ment pour scolariser ses filles

Une mère de famille américaine a écopé de 10 jours de prison pour avoir menti sur son lieu de résidence.

Elle voulait juste offrir un avenir meilleur à ses enfants. Kelley Williams-Bolar a été condamnée à 10 jours de prison la semaine dernière à Akron dans l'Ohio, raconte ABC. Son crime ? Avoir menti sur son lieu de résidence et falsifié des documents pour scolariser ses deux filles dans un meilleur établissement.


"C'est accablant. Je suis épuisée." confie cette mère de 40 ans. "J'ai fait tout ça pour elles, et voilà le résultat. Je l'ai fait pour elles".

Kelley habite un quartier difficile et très pauvre d'Akron connu pour son fort taux de criminalité. Il y a quatre ans, sa maison a été cambriolée. Là, c'est le déclic. "J'ai senti qu'il était de mon devoir de faire quelque chose", se souvient-elle.
Pour garantir la sécurité de ses filles, cette mère décide en 2008 de les scolariser ailleurs. Kelley choisit la meilleure école du district de Copley-Fairlawn, lieu de résidence de son père, chez qui elle vit la moitié du temps.

Mais bientôt l'établissement devient soupçonneux.Pour prouver que Kelley Williams-Bolar fraude, l'école a fait appel à un détective privé. Vidéo à l'appui (les images montrent le trajet en voiture pour emmener ses filles à l'école), l'école lui réclame 30.000 dollars (près de 22.000 euros) de frais de scolarité. Elle refuse. L'établissement entame alors des poursuites pour falsification de documents.

"Je ne crois pas qu'il voulait de l'argent. Ils voulaient que je serve d'exemple". Une théorie confirmée par la juge Patricia Cosgrove." J'ai pensé qu'il fallait une condamnation pour décourager ceux qui seraient tentés de frauder les différents districts scolaires".

Kelley Williams-Bolar a également écopé de 80 heures de travaux d'intérêt général et trois ans de liberté conditionnelle. Quant à ses filles de 12 et 16 ans, elles ont été exclues de l'école.

Assiya Hamza

Jeudi 27 janvier janvier 2011
Europe 1
http://www.europe1.fr/International/Elle-ment-pour-scolariser-ses-filles-389453/

lundi 31 janvier 2011

Nancy : il torture à mort le bourreau présumé de sa fille

Le procès d'un père de famille, accusé d'avoir tué, à l'aide de complices, le violeur présumé de sa fille, se tient jusqu'à vendredi en appel devant la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle.

Treize heures de torture : c'est ce qu'a enduré Sylvain Nercher avant de succomber, le 14 mai 2007, à ses blessures. Ses trois bourreaux comparaissent en appel depuis mardi et jusqu'à vendredi devant la Cour d'assises de Meurthe-et-Moselle. En première instance, en mars dernier, ils avaient été condamnés à 20, 22 et 25 ans de réclusion criminelle.

Le 13 mai 2007, Patrick Bonfanti, 51 ans, se rend au domicile de Sylvain Nercher accompagné de son gendre, Fabrice Wilkomm, 33 ans, et d'un ami, Jean-Marie Haffner, 45 ans. Patrick Bonfanti vient régler ses comptes : sa fille Amandine, âgée de 24 ans, lui a raconté avoir été violée par Sylvain Nercher. Les trois hommes entendent bien se faire justice eux-mêmes et lui infliger une «petite correction». Rapidement, les coups pleuvent.

Mais Sylvain Nercher, 42 ans, refuse de reconnaître les faits. Les trois hommes le transportent alors de force au domicile de Patrick Bonfanti. La violence y monte d'un cran. Humiliations, coups de poing, de pied, de bâton et... séances d'électrocution. Le père convie même sa fille à assister au cruel spectacle dans la soirée. Le 14 au matin, Sylvain Nercher décède de ses multiples blessures.

Seule la fille n'a pas fait appel

Les trois hommes dissimulent alors le cadavre sous une bâche dans la cuve à vidange du garage de Patrick Bonfanti. Avant de le brûler, une semaine plus tard, dans une déchetterie. En découvrant le cadavre, les enquêteurs ne tardent pas à remonter la trace des trois hommes, qui passent rapidement aux aveux.

Au cours du premier procès, à Metz, l'accusation avait pointé les contradictions des suspects et douté de leurs motivations quant à cette expédition punitive. Amandine, en effet, a peiné à convaincre la cour de la véracité du viol dont elle aurait été victime. D'autant que plusieurs témoignages ont révélé qu'elle «fréquentait» régulièrement Sylvain Nercher.

Sans surprise, les trois bourreaux avaient écopé de peines lourdes. Tous avait alors décidé de faire appel, assurant ne pas avoir voulu délibérément tuer Sylvain Nercher. Seule la fille, qui a été condamnée à cinq ans de prison, a bien voulu accepter sa sentence. Les accusés encourent une peine de réclusion criminelle à perpétuité.

Flore Galaud

Mardi 11 janvier 2011
Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/01/11/01016-20110111ARTFIG00625-nancy-il-torture-a-mort-le-bourreau-presume-de-sa-fille.php

mercredi 12 janvier 2011

Chine: aux travaux forcés pour un retweet

Attention à vos tweets! En Chine, retweeter un message que le gouvernement n'apprécie pas peut vous conduire à un an de travaux forcés.

C'est ce qui est arrivé à Cheng Jianping. CNN révèle que cette jeune Chinoise a été condamnée à une année de «Réeducation par le travail» pour avoir retweeté, le 17 octobre, le tweet de son fiancé. Dans ce tweet, Hua Chunhui se moquait des Chinois qui s'en sont pris aux produits japonais, lors d'une récente manifestation: «Les manifestations anti-japonaises, la destruction des produits japonais, tout cela a déjà été fait il y a quelques années par Guo Quan [activiste et expert du massacre de Nanjing]. Il n'y a rien de nouveau. Pour passer à le vitesse supérieure, il faut prendre un avion pour Shangai et détruire le pavillon du Japon».

Dix jours après son retweet, le jour de son mariage, Cheng disparaissait, ainsi que son fiancé, qui a lui été relâché cinq jours plus tard. Presque un mois plus tard, on découvre qu'elle a été emprisonnée puis condamnée par la police locale. Amnesty International demande aux autorités chinoises sa libération.

«Condamner quelqu'un à un an de travaux forcés, sans aucun procès, pour avoir tout simplement répété une obseravtion ironique émise par une autre personne sur Twitter montre le niveau de la répression de l'expression sur la toile en Chine», déclare Sam Zarifi, directeur du programme Asie Pacifique de Amnesty International.

Cheng pourrait être la première citoyenne chinoise à être emprisonnée pour un simple tweet. «Il est possible que Cheng Jianping ait été visée pour son activisme sur la toile au cours des dernières années, et pour son soutien à d'autres dissidents et activistes Chinois», poursuit Sam Zarifi.

D'après d'autres activistes chinois présents sur Twitter, Cheng n'était pas particulièrmennt militante. Elle soutenait par exemple le prix Nobel Liu Xiaobo, ou encore Zhao Lianhai, condamné pour avoir demandé publiquement des réparations pour le scandale du lait maternisé Sanlu.

Twitter est bloqué en Chine, rappelle Amnesty international, mais beaucoup y ont accès et l'utilisent, en particulier les militants pour les droits de l'homme qui s'en servent pour organiser le soutien des activistes emprisonnés ou poursuivis par la justice.




Capture d'écran du compte Twitter de wangyi09


Slate

Jeudi 18 novembre 2010
Slate.fr
http://www.slate.fr/lien/30383/chine-travaux-forces-retweet